Traduction d’un chant berbère sur Zaïd Ou Hmad daté de 1936

Service des Affaires Indigènes
Région de Marrakech
Cercle de Dadès-Todgha
Bureau de Msermrir.

Traduction d’un chant berbère sur Zaïd Ou Hmad
Chant composé par le cheikh Ahmed Ou Bassou des Aït Hadidou d’Anefgou en avril 1936 à l’Outerbat.

Réunissez-vous pour une fête et préparez le couscous de la noce
Il nous est parti un homme qui s’en est allé dans la montagne
Il reste sur les sommets les plus élevés et tue des gens.
Lorsqu’il tue un homme les parents de la victime s’adressent aux parents du meurtrier
Les chefs maghzen sont plus fort que nous et font ce qu’ils veulent
Ils nous ont démoli Tiourtatine, Touracht
Ils n’ont même pas laissé des abris pour les pauvres
Tous les jours des gens sont emprisonnés
Tous les jours nous avons quelqu’ennui nouveau
Les Aït Atta ont fait au bandit une grotte
Comme pour la vache à laquelle on donne de l’herbe
Les Aït Atta recueillent le lait et à nous reviennent les cornes qui nous frappent.
Mohaddach est allé causer au haqem et à dit ce qu’il a voulu
Il a creusé une mine de feu en dessous des Aït Yafelman
Mais lorsqu’il l’a allumée la flamme est revenue sur lui
Et l’a confondu en faisant apparaître la vérité.
Notables si vous pouvez vous réunir, réunissez-vous
Pour faire payer aux Aït Atta tout le mal qu’ils nous ont fait.
Asseyez-vous, nous allons causer avec les Aït Atta
Et leur faire rendre tout ce que nous avons versé.
O Houqqam, faites nous la justice de dieu,
Ou bien laissez-nous libres de régler notre différend par les armes.
Nous sommes maintenant ennemis
Et nous nous rencontrerons sur nos chevaux
Nous nous battrons même avec des pioches
Jusqu’à ce que nous soyons tous blessés et impuissants come des moutons.
Entre nous et nos ennemis aucun arrangement n’est possible.
Si les Aït Atta nous vainquent nous leur donnerons le Ferkla
Mais si nous sommes les plus forts ils nous rendront tout ce que nous avons payé.
Tous étaient au courant des exploits de celui qui a tué des hommes
Et a tué des gens sur les pistes
Et personne n’osait aller couper du bois en montagne
Il était comme un lion, personne ne pouvait l’approcher
Contre toute vraisemblance vous avez feint de l’ignorer
Comme si vous vouliez dissimuler le bled Ignaouen qui est chez vous.
Les Ignaouen ont mangé la cervelle et nous ont laissé les cornes.
Dieu lui, l’a vu, mais il lui a caché le visage
Il voulait le garder jusqu’au jour du jugement dernier pour le présenter au monde
Les accusations sont dangereuses comme le feu sur la montagne.
S’il n’avait pas été découvert nous serions restés comme des enfants.
Des « sebenias » auraient recouvert nos têtes
Tandis que les Aït Atta seraient restés sur des couches moelleuses.
Une fiancée a donné du « jaoui » et du « beghour » à Mohadach
Et est restée sur la couche d’un Aït Atta.
Les Aït Atta qui prennent les premiers la parole pour mentir
Déclarent que cet homme n’est par des leurs mais des nôtres
Qu’il ne leur est rien et que pour ses forfaits il faut s’en prendre à sa tribu
Il est vrai qu’il est des nôtres mais il a pris son vol et nous a échappé
Qui peut attraper le chacal de la montagne ?
Les Aït Atta savaient très bien où il se tenait
Ils l’ont laissé pour qu’il te tue, o Haqem
Les Aït Yafelman ne l’ont pas vu
Mais nos ennemis nous ont accusés,
Pour reprendre Amezgar dans le Ghéris.
Un officier avait épousé deux femmes
Mais la femme Aït Atta ne pouvait supporter celle des Aït Yafelman
Et tous les jours il la frappait
Celle des Aït Atta avait de beaux vêtements de soie et des bracelets
Celle des Aït Yafelman ne possédait qu’une natte.
Un capitaine ventait la femme des Aït Atta
Mais le maghzen a su trouver la vérité
Je n’ai plus rien à dire, tout est maintenant terminé.

Fait à Msemrir le 30 novembre 1936

Le texte en PDF :

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Le Rif face à l’arbitraire de la monarchie marocaine

Le Rif fait toujours face à l’arbitraire de la monarchie marocaine. Une répression sourde et impitoyable s’abat en permanence sur cette région soumise à un terrible embargo. Plusieurs événements survenus ces dernières semaines montrent que le climat d’insurrection et de colère dans le Rif est loin de s’estomper. Bien qu’il n’y ait plus de manifestations de rue, les arrestations se multiplient, parfois à cause de simples commentaires sur les réseaux sociaux. Les journalistes étrangers sont également interdits de se rendre dans cette région. Depuis le déclenchement des manifestations dans le Rif, plus de 1500 personnes ont été arrêtées.

Arrêtés pour de simples posts sur Facebook

Lundi 3 juin, le tribunal de première instance de Biya (Hoceïma) a condamné Hassan Benchaïb, originaire d’Aït Bouayach, à une peine de deux ans et demi de prison ferme. Ce militant a été arrêté le 25 mai à son domicile pour avoir publié des informations sur le mouvement de protestation dans le Rif sur Facebook. Il a été poursuivi pour avoir porté « atteinte à l’intégrité territoriale du royaume, pour incitation à la rébellion, menace de crime, incitation à commettre des crimes, pour insultes aux forces de sécurité et appel à participer à une manifestation non autorisée ».

Ce militant est le frère du prisonnier politique Bachir Benchaïb qui purge une peine de douze ans d’emprisonnement pour avoir pris part à des manifestations organisées à Aït Bouayach.

Plusieurs militants du mouvement rifain ont été arrêtés ces dernières semaines et condamnés à des peines de prison. Ce même lundi (3 juin), l’activiste rifain Rachid Chabni a été condamné en appel à deux ans de prison, dont un an ferme et un autre avec sursis, pour ses publications sur Facebook et sa participation à la manifestation de Rabat dimanche 21 avril 2019, organisée pour dénoncer le verdict en appel à l’encontre des militants rifains.

Des enfants arrêtés à Biya

Toujours à Biya, six élèves ont été arrêtés par la gendarmerie pour avoir décroché, le 17 mai, le drapeau marocain d’une école de la commune rurale d’Issaguen et l’avoir remplacé par un drapeau amazigh, a rapporté le site Hoceimacity. Agés de 8 à 11 ans, ces élèves scandaient des slogans du mouvement rifain alors qu’ils décrochaient le drapeau alaouite. La bannière est restée sur le mât pendant quatre jours, jusqu’à ce que la gendarmerie de la région en soit informée.

Deux enseignants et le directeur de l’école ont été convoqués par la gendarmerie. Ils comparaîtront dans les prochains jours devant un tribunal marocain. Les autorités leur reprochent de ne pas avoir dénoncé ce « crime ».

Le code pénal marocain punit, dans ses articles 267-1 à 267-4, quiconque porte atteinte notamment au drapeau alaouite. Une peine de prison allant de six mois à cinq ans et une amende allant jusqu’à 100 000 dirhams sont notamment prévues.

Ces élèves risquent d’être condamnés à de lourdes peines de prison. Pour rappel, plusieurs enfants ont écopé de lourdes peines juste pour avoir pris part à des manifestations.
Mohamed Bouhennouch était âgé de 15 ans au moment de son arrestation. Il a été condamné à 15 ans de prison ferme pour « atteinte à la sécurité de l’État. »

Dans une deuxième école de Biya, les parents de plusieurs élèves ont été convoqués par le directeur d’une école. Les élèves avaient entonné « Vive le Rif » lorsque l’hymne national alaouite était joué.

Des militants forcés de s’exiler.

Le 25 avril 2019, Nawal Benaïssa, persécutée pour son implication très active dans le mouvement rifain, a fui le pays, avec son fils de quatre ans, à travers la ville de Ceuta (sous administration espagnole). Elle a demandé l’asile politique aux Pays-Bas.

La militante faisait l’objet d’un mandat d’arrêt en 2017. Elle avait décidé de se livrer à la police. En février 2018, elle a été condamnée à une peine de dix mois de prison avec sursis et à une amende de 500 dirhams pour « participation à une manifestation non autorisée, insulte à agents de la force publique, et incitation à commettre des infractions pénales ». Un verdict a été confirmé en appel le 17 janvier 2019.

Le 12 avril, cette activiste, mère de quatre enfants, a été interdite de quitter le pays par voie aérienne, alors qu’elle comptait se rendre aux Pays-Bas pour prendre part à une conférence. « Quand je suis arrivé au commissariat de police de l’aéroport de Nador ce matin, ils m’ont dit que mon passeport avait été annulé par le ministère de l’Intérieur et que je ne pouvais pas voyager » avait-elle déclaré le 12 avril à l’agence de presse espagnole EFE.

Nawal Benaïssa a affirmé avoir pris cette décision de quitter le pays car elle ne pouvait plus faire face aux intimidations quotidiennes et aux menaces qu’elle reçoit avec ses enfants. Avec Silya Ziani, Nawal Benaïssa, 37 ans, est l’une des figures féminines du Mouvement rifain.

La militante n’est pas la première à avoir demandé l’asile politique dans des pays européens. Abdessadek El Bouchtaoui, avocat, a obtenu l’asile aux Pays-Bas. Achraf Idrissi, 23 ans, qui était sous mandat d’arrêt, a obtenu l’asile en Belgique. Plusieurs autres militants ont fait des demandes d’asile en Espagne. Certains, toujours recherchés sont entrés dans la clandestinité.

Plusieurs vidéos montrant des militants du mouvement rifain fuir le Rif pour rallier les côtes européennes sur des embarcations de fortune ont été diffusés sur les réseaux sociaux.

Il semblerait même que les forces de police de la monarchie marocaine font tout pour forcer les jeunes rifains à fuir leur région afin de la priver de toutes ses forces vives.

Pour rappel, les tribunaux marocains ont confirmé, le 6 avril dernier en appel, les peines de prison allant jusqu’à vingt ans pour les meneurs du mouvement, dont Nasser Zefzazi. Ce dernier a avait été jugé en appel aux côtés de 41 autres accusés.

A. Azergui.

LIBYE : une milice salafiste pro-Haftar menace les Berbères d’extermination.

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Le jeudi 4 avril, l’Armée nationale libyenne (ANL), appelée également « Armée arabe libyenne », du maréchal Haftar, qui contrôle l’est du pays, a annoncé le lancement d’une opération pour « libérer Tripoli » contrôlée par le Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale. Dans un message vidéo, Khalifa Haftar a appelé les habitants de Tripoli à « déposer les armes et à lever le drapeau blanc ». Le Premier ministre Fayez el-Sarraj (gouvernement de Tripoli) a donné l’ordre de mettre les troupes en état opérationnel pour protéger les civils.

Les madkhalistes menacent les Berbères

Dimanche 31 mars, le cheikh Madkhaliste Ahmed Boudouira, alias « Abu Aissa Al-Marjaoui », a menacé les Berbères Libyens d’extermination. Il a expliqué que « la libération » de la zone Ouest qui échappe au contrôle du gouvernement de Haftar doit commencer par la soumission des Berbères ibadites qu’il considère comme des « mécréants ». Pour lui, il est légitime de les exterminer.
Les « madkhalistes », du nom du cheikh saoudien Rabee al-Madkhali, est un courant salafiste qui prône « l’obéissance absolue au gouverneur », quel qu’il soit. La milice, pro-Haftar, est hostile à tous les mouvements de l’islam politique, comme les Frères musulmans, et à ceux du djihadisme, type Etat Islamique et Al-Qaïda, même s’ils sont proches de ces organisations terroristes sur le plan idéologique. Pour cette milice la démocratie est perçue comme la substitution de la souveraineté de Dieu par la souveraineté du peuple.
Les positionnements de la milice ont fait d’elle une alliée du maréchal Haftar, soutenu par l’Égypte, les Émirats arabes unis et, plus discrètement, l’Arabie saoudite. En 2016, Rabee al-Madkhali avait émis un avis religieux (fatwa) encourageant ses partisans à rejoindre les rangs de Khalifa Haftar.
Au cours des dernières années, la milice sévit en Libye. Amnesty international révèle que ces milices ont brûlé des livres et enlevé des étudiants membres d’une association universitaire qui avaient organisé une action pour le Jour de la terre sur leur campus à Benghazi. En novembre 2017, ils ont fermé un festival de bande-dessinée à Tripoli et accusé les organisateurs d’exploiter « la faiblesse de la foi et la fascination pour les cultures étrangères ».

Ces menaces ont poussé les Berbères Libyens à rejoindre le front pour défendre Tripoli.

Le Haut conseil des Amazighs de Libye (HCAL) rejette la violence

Dans un communiqué daté du dimanche 7 avril 2019, le HCAL a réagi à la guerre que mène Haftar contre Tripoli. Il affirme son rejet de toute tentative de coup d’Etat militaire contre l’Etat civil en Libye, expliquant que cette guerre menace la sécurité et la stabilité de la Libye.
Le conseil dénonce l’impuissance et le silence de la Mission d’assistance des Nations Unies en Libye (MANUL). Il appelle les Libyens à renoncer à la violence.

A. Azergui

DOCUMENT : texte du traité du protectorat

Bulletin des lois de la République française

DÉCRET DU 20 JUILLET 1912, PORTANT PROMULGATION DU TRAITÉ CONCLU À FEZ LE 30 MARS 1912, ENTRE LA FRANCE ET LE MAROC, POUR L’ORGANISATION DU PROTECTORAT FRANÇAIS DANS L’EMPIRE CHÉRIFIEN

LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE,

Sur la proposition du président du Conseil, ministre des affaires étrangères,

DÉCRÈTE :

ARTICLE PREMIER

Le Sénat et la Chambre des députés ayant approuvé le traité conclu à Fez, le 30 mars 1912, entre la France et le Maroc, pour l’organisation du protectorat français dans l’empire chérifien, et cet acte ayant été ratifié, le dit traité dont la teneur suit recevra sa pleine et entière exécution.

TRAITÉ:

Le gouvernement de la République Française et le gouvernement de Sa Majesté Chérifienne, soucieux d’établir au Maroc un régime régulier, fondé sur l’ordre intérieur et la sécurité générale, qui permette l’introduction des réformes et assure le développement économique du pays, sont convenus des dispositions suivantes :

Art. 1. – Le gouvernement de la République Française et Sa Majesté le Sultan sont d’accord pour instituer au Maroc un nouveau régime comportant les réformes administratives, judiciaires, scolaires, économiques, financières et militaires que le gouvernement français jugera utile d’introduire sur le territoire marocain.

Ce régime sauvegardera la situation religieuse, le respect et le prestige traditionnel du Sultan, l’exercice de la religion musulmane et des institutions religieuses, notamment de celles des habous.

Le gouvernement de la République se concertera avec le gouvernement espagnol au sujet des intérêts que ce gouvernement tient de sa position géographique et de ses possessions territoriales sur la côte marocaine.

De même, la ville de Tanger gardera le caractère spécial qui lui a été reconnu et qui déterminera son organisation municipale.

Art. 2. – Sa Majesté le Sultan admet dès maintenant que le gouvernement français procède, après avoir prévenu le Makhzen, aux occupations militaires du territoire marocain qu’il jugerait nécessaire au maintien de l’ordre et à la sécurité des transactions commerciales et à ce qu’il exerce toute action de police sur terre et dans les eaux marocaines.

Art. 3. – Le gouvernement de la république prend l’engagement de prêter un constant appui à Sa Majesté chérifienne contre tout danger qui menacerait sa personne et son trône ou qui compromettrait la tranquillité de ses états. Le même appui sera prêté à l’héritier du trône et à ses successeurs.

Art. 4. – Les mesures que nécessitera le nouveau régime de protectorat seront édictées, sur la proposition du gouvernement français, par Sa Majesté chérifienne ou par les autorités auxquelles elle aura délégué le pouvoir. Il en sera de même des règlements nouveaux et des modifications aux règlements existants.

Art. 5. Le gouvernement français sera représenté auprès de Sa Majesté chérifienne par un Commissaire Résidant Général, dépositaire de tous les pouvoirs de la République au Maroc, qui veillera à l’exécution du présent accord.

Le Commissaire résident Général sera le seul intermédiaire du Sultan auprès des représentants étrangers et dans les rapports que ces représentants entretiennent avec le gouvernement marocain. Il sera notamment chargé de toutes les questions intéressant les étrangers dans l’Empire chérifien. Il aura pouvoir d’approuver et de promulguer au nom du gouvernement français tous les décrets rendus par Sa Majesté chérifienne.

Art. 6. – Les agents diplomatiques et consulaires de la France seront chargés de la représentation et de la protection des sujets et des intérêts marocains à l’étranger.

Sa Majesté le Sultan s’engage à ne conclure aucun acte ayant un caractère international sans l’assentiment préalable du gouvernement de la République française.

Art. 7. – Le gouvernement de la république française et le gouvernement de Sa Majesté chérifienne se réservent de fixer d’un commun accord les bases d’une réorganisation financière qui, en respectant les droits conférés aux porteurs des titres des emprunts publics marocains, permette de garantir les engagements du Trésor marocain et de percevoir régulièrement les revenus de l’Empire.

Art. 8. – Sa Majesté chérifienne s’interdit de contracter à l’avenir, directement ou indirectement, aucune emprunt public ou privé, et d’accorder, sous une forme quelconque, une concession sans l’autorisation du gouvernement français.

Art. 9. – La présente convention sera soumise à la ratification du gouvernement de la République Française et l’instrument de ladite ratification sera remis à Sa Majesté le Sultan dans le plus bref délai.

En foi de quoi, les soussignés ont dressé le présent acte et l’ont revêtu de leurs cachets.

Fait à Fez, le 30 mars 1912.

(L. S.) Signé : REGNAULT.

(L. S.) — : MOULAY ABD EL HAFID.

 

ARTICLE 2

Le président du Conseil, ministre des affaires étrangères, est chargé de l’exécution du présent décret.

Fait à Paris, le 20 Juillet 1912.

Signé : A. FALLIÈRES.

Le Président du Conseil,

Ministre des affaires étrangères.

Signé : R. POINCARÉ.

Tamazight TV, une arme d’arabrutisation massive

Les médias audiovisuels du secteur public à Tamazgha Occidentale sont des vecteurs d’arabrutisation et d’islamisation. La chaîne appelée Tamazight TV  ne fait pas exception. Cette chaîne est un poison mortel, un outil d’arabisation massif des berbérophones.

Tous les programmes de cette chaîne sont sous-titrés en arabe classique, alors qu’aucune émission de toutes les chaînes publiques marocaines ne l’est en tamazight. Le sous-titrage en arabe est l’une des conditions stipulées dans les cahiers de charges imposés aux entreprises de production pour que leurs émissions soient diffusées.

Lorsqu’un film produit en dialectal marocain (darija) est doublé dans une variante de tamazight, celui-ci est sous-titré en arabe classique. Comble d’absurdité. Des cours d’arabe classique sont aussi proposés sur cette chaîne, alors qu’on en trouve rarement dans les programmes des autres chaînes publiques. Les émissions sur l’islam foisonnent égamement. Tamazight TV est en réalité un instrument de diffusion de la pensée arabo-islamique.

Les émissions sont d’une médiocrité repoussante, infantilisantes et véhiculant la pensée unique et le seul point de vue des autorités. La langue amazighe est traquée, combattue et minorisée même dans une chaîne dite « Tamazight ».

Tamazight TV n’a rien à envier à Tamazight TV4, diffusée par le régime militaire algérien. Le concept est le même. Le but est aussi d’aliéner et de dominer les Berbères pour mieux les arabiser et les islamiser.

Il faut dire, par ailleurs, aussi que la passivité des hommes d’affaires berbères est révoltante. Ils sont incapables d’investir dans des chaînes privées qui auront pour mission de porter la voix des Amazighs : est-ce par peur de représailles des autorités ou juste par lâcheté.

Tamazight TV n’est qu’un symptôme du cancer qui ronge le mouvement berbère. Après plus de quarante ans de combat identitaire, Imazighen de ce côté là de Tamazgha n’ont ni une télévision indépendante, ni un journal dans leur langue, ni une maison d’édition. L’Ircam et le palais corrompent tout ceux qui bougent, et les voix libres se font de plus en plus rares. Le mouvement amazigh, gangréné par la médiocrité, l’arabisme et l’islamisme, favorisés par les Amazighs eux-même, est devenu le pire ennemi des Imazighen. Le fossoyeur de leur identité.

Les « acquis » de ce mouvement au cours des dernières décennies se sont transformés en pièges qui se sont renfermés sur les Amazighs. Et pour échapper à ces pièges, il ne s’agit pas, comme le souhaitent certains berbères de service, de fonder un parti politique.

Imazighen ont besoin d’un mouvement indépendant, structuré et courageux politiquement. Il est plus que jamais temps.

A. Azergui

Les étudiants amazighs victimes d’une nouvelle attaque à Agadir

Samedi 19 mai, un groupe d’étudiants arabistes sahraouis se réclamant du Polisario ont attaqué des étudiants de la filière des études amazighes (cycle Master) qui passaient leurs examens à la faculté des lettres d’Agadir. Les assaillants, cagoulés, ont utilisé des armes blanches, des serpes, des sabres et des pierres.

En réaction à cette attaque, la police de la monarchie marocaine a interpellé 35 militants de la cause amazighe. Ils seront libérés par la suite. Trois assaillants ont été aussi arrêtés. Cette attitude de la police marocaine est pour le moins étonnante : alors qu’elle est censée protéger les agressés, elle procède plutôt à leur arrestation.

Etudiant sahraoui portant une arme blanche.

Une attaque délibérée

Trois semaines avant cette attaque, les militants du mouvement amazigh étaient victimes de provocations, précise le Mouvement Amazigh estudiantin dans un communiqué daté du 21 mai. Les militantes sont menacées de viol. Les étudiants sahraouis parasitent les activités culturelles, intimident les militants, les menacent de mort. Ils avaient même tout essayé pour impliquer les étudiants amazighs dans des actes de violences. Malgré tout cela les militants Amazighs ont choisi de ne pas réagir par la violence.

La nuit du mercredi 16 mai 2018, un militant a échappé aux poursuites d’une bande armée de 12 personnes. La nuit du jeudi 17 mai, les étudiants sahraouis ont attaqué des étudiants amazighs par des pierres provoquant six blessés parmi eux.

« Pour ne pas tomber dans l’abîme de la violence et pour que les examens passent dans une ambiance favorable, les militants ont quitté la faculté le vendredi 18 mai, à l’exception des étudiants inscrits dans la branche des études Amazighes, qui auront des examens ce même jour », précise le communiqué.

Ce même jour, les étudiants sahraouis ont forcé les portes des chambres des étudiants amazighophones pour les vandaliser dans une nouvelle tentative de provocation. « Durant toute la nuit du vendredi, cette bande s’est mis à stocker leurs armes au milieu de la faculté. Le samedi matin, ces criminels sont sortis de la cité universitaire, divisés en deux groupes pour encercler la faculté et s’en prendre aux militants et étudiants amazighs. L’administration de la cité universitaire et les administrations des facultés étaient au courant de tout ce qui va se passer », ajoute le communiqué, mais avaient choisi de ne pas intervenir pour protéger les étudiants.

Les assaillants avaient poussé leur insolence jusqu’à procéder à des contrôles d’identité pour chercher des étudiants originaires de la province de Tinghir. Ils réclamaient aux étudiants leurs cartes d’identité. Des étudiants amazighs sont traqués, molestés et intimidés sous le regard des agents d’autorité.

Le Mouvement amazigh particulièrement visé

Depuis son émergence dans les universités au début des années 1990, les militants berbéristes ont fait face à des harcèlements et à des provocations de la part de mouvements islamistes et de la gauche arabiste.

Les premières attaques menées contre les militants du mouvement amazigh par l’extrême gauche panarabiste, soutenue par des étudiants sahraouis se revendiquant du Polisario, remontent à 2003. Mais, c’est en 2007 que ces attaques se sont intensifiées. Des expéditions punitives ont été menées contre les étudiants berbéristes dans les facultés de Taza, Ameknas, Agadir et Imetghren, avec la bénédiction des autorités. Des centaines de militants avaient été arrêtés, d’autres condamnés à de lourdes peines de prison. Des dizaines de militants ont été blessés grièvement.

Assassinat de Omar Khaleq

Jamais ces violences n’avaient provoqué de morts, jusqu’au 23 janvier 2016. Ce jour-là, un groupe d’étudiants arabistes sahraouis, armés de sabres et de haches, ont attaqué cinq étudiants militants du Mouvement amazigh, près d’une faculté à Marrakech, leur provoquant de graves blessures. Parmi les blessés figurait Omar Khaleq, un étudiant originaire de Tinghir dans la région de Dra (sud-est).

Cet étudiant, qui a reçu plusieurs coups donnés par des haches et des sabres, a succombé à ses blessures le 28 janvier. La victime avait été inhumée le 29 janvier dans son village natal. Plus de 15 000 personnes ont assisté à ses funérailles.

Cette nouvelle campagne de violence visant le Mouvement amazigh dans les universités de Tamazgha occidentale a pour but, probablement, de provoquer les étudiants amazighs afin de les impliquer dans des actes de violence, ce qui permettra aux autorités marocaines de procéder à de nouvelles arrestations massives.

Vigilance

Dans son communiqué, le Mouvement estudiantin rappelle qu’il est pacifique et qu’il ne réagira pas la violence à ces provocations et attaques, par ce qu’il est conscient que les assaillants sont manipulés par les autorités pour damer le pion au mouvement amazigh de plus en plus présent sur la scène universitaire.

Par : Aïssa Jebbour (avec la rédaction).

Monarchie marocaine : le viol, une arme de répression !

Nous avons eu, par le passé et à plusieurs reprises, à dénoncer le mépris érigé en véritable politique d’État par la monarchie marocaine. En effet, les services marocains ont recours à tous les moyens possibles et imaginables pour soumettre les militants du Mouvement rifain incarcérés, et le viol en fait partie. Ce dernier est fréquemment utilisé comme une arme d’humiliation.

M6

Lundi 9 avril 2018, lors de son procès devant la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca, le leader du mouvement rifain, Nasser Zefzafi, 39 ans, a déclaré avoir été forcé par la police à dire « vive le roi ». Mais face à son refus, il a été violé. Zefzafi a dévoilé au juge que les agents qui l’interrogeaient avaient inséré leurs doigts puis un bâton dans son postérieur. L’un des avocats a déclaré à la presse que ces agents ont commencé à faire des youyous après que le sang ait coulé de son fessier. Il a également été « violenté en le frappant à la tête avec un objet métallique »

Tous les détenus avaient déclaré avoir été soumis à une torture systématique et méthodique. Zefzafi, poursuivi notamment pour « atteinte à la sûreté intérieure de l’État », a déclaré également avoir reçu « des menaces de viol visant sa mère » !
Un deuxième cas de viol a été rapporté par un détenu mineur arrêté pour avoir manifesté pacifiquement. Aymane B., âgé de seulement 16 ans a déclaré au juge lors de son procès à Imzouren ceci : « Ils m’ont violé. Ils m’ont dit de choisir entre un viol avec une bouteille et un viol collectif. Ils m’ont ligoté et introduit leurs doigts dans mon postérieur avant de me torturer et de me violer collectivement. »

Les cas de détenus rifains ayant subi des viols sont nombreux. Ils témoignent de la violation systémique des droits humains, du mépris des détenus et de l’atteinte à et de l’atteinte à leur dignité dans les postes de police et les prisons marocaines. Le but de ces viols est d’humilier ces détenus accusés d’être des « séparatistes » hostiles à la monarchie.

C’est par ce que les droits fondamentaux de ces détenus sont violés et qu’un blocus est imposé au Rif, surtout à Biya, qu’une délégation parlementaire européenne, en déplacement dans le pays depuis lundi 9 avril pour assister à l’ouverture du procès de Nasser Zefzafi, a été interdite de se rendre dans le Rif où elle comptait rencontrer les familles des détenus. Cette délégation est composée de deux parlementaires du parti néerlandais PVDA (Parti travailliste), Kati Piri et Lilianne Ploumen. Elle a souhaité évoquer la situation du Rif avec les « responsables » marocains, mais avait été obligée de « rompre prématurément sa visite de travail (…), parce qu’elle n’a pas reçu l’autorisation des autorités locales pour visiter Al Hoceima« , écrit l’eurodéputée Kati Piri sur sa page Facebook.
« A Rabat, nous avons discuté avec des membres du parlement marocain, le ministre de la justice et le procureur général. Les autorités marocaines nous ont fait savoir plus tard, que nous ne sommes pas les bienvenues dans le Rif« , a-t-elle ajouté.

Rappelons que plus de 700 manifestants ont été arrêtés lors de larges opérations de police dans le Rif suite aux manifestations pacifiques organisées dans cette région. La plupart des manifestants déférés devant les tribunaux ont affirmé avoir été torturés.

A. Azergui