L’humiliation au delà de la mort !

Au moins trente-six victimes, plus de cent-cinquante maisons détruites, plusieurs dizaines de routes et de ponts récemment construits éventrés. Et surtout, une colère noire et sourde contre la monarchie. C’est le bilan des inondations provoquées par les pluies diluviennes qui s’abattent depuis deux semaines sur plusieurs régions du sud de Tamazgha Occidentale. mortsRégions «inutiles »

Ces inondations ont révélé le vrai visage de l’Etat marocain : hideux et misérable. D’abord par la faiblesse de ses infrastructures dans les régions du sud et du Sud-Est, et puis par l’impuissance de ses pompiers, de ses militaires et de ses institutions qui ne se soucient de rien et de personne. Rien n’a été fait pour sauver de pauvres femmes et hommes que la crue trainait vers la mort devant les yeux impuissants de leurs proches. Les différents services de l’Etat ont brillé partout par leur absence ou presque. Normal ! Cette partie du pays est inutile. Elle n’a droit à rien. Ni aux autoroutes, ni au réseau ferroviaire, ni aux hôpitaux, ni aux universités, ni aux écoles. L’axe Casablanca – Kénitra – Tanger a raflé tous les grands projets de développement, alors que les autres régions vivent dans une misère noire. Le Sud ne subit que la colère de la monarchie et les aléas de la nature inhospitalière alors que ses richesses minières sont pillées au quotidien par des entreprises qui ne rendent compte à personne. Imider en est témoin.

Mépris

Il suffit de voir ces images de morts transportés sur des branches d’arbres et entassés par la suite dans un camion poubelle de la Mairie pour se rendre compte que la vie ne vaut pas un clou dans ces régions. Les vivants comme les morts n’ont aucun droit. On a vu des hommes se jeter dans la gueule de la crue pour sauver des victimes par ce qu’ils savaient qu’aucun pompier ne volera à leur secours. Personne ne se soucie d’eux. Morts ou vivants. Ils le savent depuis des décennies.

Il suffit de voir aussi ces images de pompiers et de militaires, mobiliser de gros moyens, dont des hélicoptères et des bulldozers, pour sauver des touristes européens victimes de ces mêmes inondations pour se rendre compte que la vie d’un Amazigh ne vaut rien. Mercredi 26 novembre, deux touristes, une polonaise et un espagnol, bloqués par la crue à Zagoura, ont été secourus, selon des médias marocains, par hélicoptère alors que des habitants bloqués avec eux ont été abandonnés sur place.

Toute la  région souffre dans l’indifférence et fait face à une catastrophe de grande ampleur. Les autorités ne bougent pas le petit doigt. Les habitants n’ont pas la chance d’être des palestiniens.
Pendant ce temps…

Alors que des régions entières sont en alerte maximale à cause de ces inondations et que des habitants coupés du monde, notamment dans les Atlas, ne trouvent pas de quoi se nourrir, la monarchie marocaine ferme les yeux et refuse de déclarer l’état de catastrophe naturelle dans les régions sinistrées dans le but d’empêcher ces régions de bénéficier d’indemnisations et d’aides conséquentes. Le gouvernement marocain regarde ailleurs. Il se permet d’envoyer deux avions remplis de dons royaux, notamment de denrées alimentaires et médicales, au Liberia.

Autre provocation. Le PJD, le parti islamiste au gouvernement, se permet d’organiser ce samedi 29 novembre un meeting de soutien aux Palestiniens dans la ville de Bouyzakaren, l’une des villes sinistrées.

Plus kafkaïen encore, au moment de ces entorses aux droits des habitants, un forum international des droits humains se tient à Marrakech. On y vantera certainement les « avancées enregistrées » par la monarchie alaouite dans le domaine des droits de l’Homme.

Deuil national !

Dans une démocratie, des têtes seraient déjà tombées. Chez nous, elles seront couronnées. Des médailles leur seront offertes. Trente-six morts ! Trente-six victimes de politiques étatiques désastreuses, ségrégationnistes et racistes. Un Etat qui se respecte, aurait déjà déclaré un deuil national. Mais non. Pourquoi se presser ? Le Berbère, ce sous-homme dominé, colonisé et méprisé, ne vaut rien et ne mérite rien si ce n’est l’humiliation et la mort !

Réaction ridicule. Le palais royal a promis la prise en charge de l’enterrement des victimes de ces inondations. Pas plus. Le palais ne fait en réalité qu’enterrer des habitants que ses politiques ont permis d’achever.

A. Azergui

Sud-Est

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MAROC : Saïd Awragh libéré !

Bonne nouvelle. Saïd Awragh, militant de la cause amazighe, arrêté depuis début octobre 2014 à l’aéroport de Casablanca, à son retour des Etats-Unis, a été relaxé le 26 novembre pour absence de preuve, après deux mois d’incarcération.

Pour rappel, ce militant avait été déféré jeudi 13 novembre 2014 devant le tribunal d’Imtghren (Errachidia). On lui reprochait d’avoir participé aux altercations sanglantes survenues le 5 mai 2011 entre étudiants amazighs et autres étudiants acquis à l’idéologie arabiste à l’université d’Imtghren.

Awragh-dbebc

MOROCCO: Enough to the mosques construction !

We had already mentioned here the number of children who die of cold in many remote villages of the Atlas mountains, including Anefgou and Imilchil. The Moroccan authorities have responded to these tragedies taking action in these areas, but not taking care to provide them with roads and sanitation services or other infrastructure useful to allow people to live in dignity, but… building mosques for them. Yes! Mosques!MOSKWhenever children die of cold and hunger in Atlas villages, whenever people manifest to demand rights, roads and basic infrastructure, the authorities respond to them by building mosques. « Beautiful » and great mosques for the souls wounded by the dictatorship and the need, to allow them to escape the poverty caused by decades of plundering the country’s wealth by the monarchy. The contrast is striking between the  »Anarchitecture » of these mosques with their minarets, modern and huge, almost intimidating compared to the modest houses of the villages which have no infrastructure worthy of this name.A mosque? What’s more effective to manipulate unemployed people and lead them to take refuge in Arabic opium? The mosque is not just a « religious » building but also an ideological tool, a very effective place to distill the poison of Islamism and arabization. A mosque is an outpost of religious fundamentalism, obscurantism and Arab-Islamic colonization. It’s a mortal danger to the AmazighIdentity. Building mosques seem to be a “natural » answer adopted by the authorities in front of all the problems that plague the population.
mosquéeHassan II had shamefully taxed his « subjects » to offer a great mosque in Casablanca, while people were dying and suffering from the underdevelopment. He managed to numb his « loyal subjects », explaining that their misery is inevitable, a divine will (and by extension real-royal). Thousands of mosques have been built in the past two decades in the Amazigh villages. The castaways of life have only two options: to leave the region and go to swell the shanty towns of the North, or take refuge in a mosque, « accepting their fate » and « giving thanks to God »: a comforting escape.
People don’t need mosques. They need roads, schools, libraries, cinemas, universities, conservatories and businesses. It’s time to say no to the mosques.
Mosquée construite à Imilchil
Mosquée construite à Imilchil

A. Azergui

Translate By : Rita

MAROC : Arrestation d’un militant amazigh !

Saïd Awragh, militant de la cause amazighe, a été arrêté depuis début octobre 2014 à l’aéroport de Casablanca, à son retour des Etats-Unis. Il sera déféré jeudi 13 novembre 2014 devant le tribunal d’Imtghren (Errachidia). On lui reproche d’avoir participé aux altercations sanglantes survenues le 5 mai 2011 entre étudiants amazighs et autres étudiants acquis à l’idéologie arabiste à l’université d’Imtghren. Pour rappel, ce jour-là, les membres d’une horde criminelle composée de plus de vingt-cinq individus, munis d’armes blanches, ont fait irruption dans la cafétéria de la faculté et se sont attaqués à deux militants, Anouar Oumri et Aziz Sabir. Les deux étudiants qui appartiennent au Mouvement amazigh, ont été grièvement blessés.Awragh-dbebcSaïd Awragh, ex-étudiant dans cette même faculté, était aux Etats-Unis au moment de ces évènements. Il n’y avait donc pas participé.

A Imtghren, où il a été incarcéré, le procureur de la monarchie a décidé de le libérer provisoirement. Quelques jours après, il a été à nouveau arrêté chez lui et incarcéré à la prison de Touchka.

Comment expliquer cet acharnement des autorités contre Saïd Awragh ? D’après l’Association amazighe Tiddukla à Washington, dont ce militant est membre, c’est à cause de son activisme en faveur de l’amazighité aux Etats-Unis qu’il a été arrêté à son retour au pays.

A. Azergui

MAROC : Halte à la construction des mosquées !

Nous avons eu déjà à évoquer, sur ce site-même, les enfants morts de froid dans plusieurs villages reculés de l’Atlas, notamment à Anefgou et à Imilchil. Les autorités marocaines ont réagi à ces drames en intervenant dans ces régions, mais non pas pour les équiper en routes et en infrastructures sanitaires, routières et autres pour permettre aux habitants de mener une vie digne, mais… pour leur construire des mosquées. Oui ! Des mosquées !

Mosquée construite à Imilchil
La mosquée construite à Imilchil a coûté 9 millions de dirhams ! (Photo : Mounir Kejji)

Il paraît qu’au pays du « commandeur des croyants », le souci de l’au-delà prime sur celui du confort des habitants d’ici bas. Chaque fois que des enfants crèvent de froid et de misère dans les villages de l’Atlas, que des habitants manifestent pour revendiquer des droits, des routes, des infrastructures de base, les autorités leur construisent des mosquées. De « belles » et grandes mosquées pour corrompre leurs âmes meurtries par la dictature et le besoin, et leur permettre de fuir la misère provoquée ici bas par des décennies de pillage des richesses du pays par la monarchie. Le contraste est saisissant entre « l’anarchitecture » de ces mosquées avec leurs énormes minarets, modernes et intimidants et les modestes maisons des villages qui ne comptent aucune infrastructure digne de ce nom. mosquéeUne mosquée ? Quoi de plus efficace pour manipuler les habitants désœuvrés et les emmener à se réfugier dans l’opium d’Arabie ? La mosquée n’est pas uniquement un édifice « religieux », mais un instrument idéologique, une tribune très efficace pour distiller le poison de l’arabo-islamisme et de l’arabisation. Une mosquée est un avant-poste de l’intégrisme religieux, de l’obscurantisme et de la colonisation arabo-islamiste. C’est un danger mortel pour l’identité amazighe. La construction des mosquées semble être une réponse presque « naturelle », adoptée par les autorités, face à tous les problèmes auxquels sont confrontées les populations.

MOSKHassan II avait déjà racketté honteusement ses « sujets » pour s’offrir une énorme mosquée à Casablanca, alors que le peuple crève et subit le sous-développement. Il a réussi à endormir ses « fidèles sujets » en leur expliquant que leur misère est une fatalité, une volonté divine (et royale par extension). Plusieurs milliers de mosquées ont été construites ces deux dernières décennies dans les villages amazighs. Les naufragés de la vie n’ont que deux solutions : quitter la région pour aller grossir les bidonvilles du nord ou se réfugier dans une mosquée, « accepter son sort » et « rendre grâce à dieu » qu’un monarque a pensé leur « offrir de ses propres deniers » : un échappatoire réconfortant.
mosquée
Le peuple n’a pas besoin de mosquées. Il a besoin de routes, d’écoles, de médiathèques, de cinémas, d’universités, de conservatoires et d’entreprises. Il est temps de dire : Non aux mosquées.

A. Azergui