Le Rif face à l’arbitraire de la monarchie marocaine

Le Rif fait toujours face à l’arbitraire de la monarchie marocaine. Une répression sourde et impitoyable s’abat en permanence sur cette région soumise à un terrible embargo. Plusieurs événements survenus ces dernières semaines montrent que le climat d’insurrection et de colère dans le Rif est loin de s’estomper. Bien qu’il n’y ait plus de manifestations de rue, les arrestations se multiplient, parfois à cause de simples commentaires sur les réseaux sociaux. Les journalistes étrangers sont également interdits de se rendre dans cette région. Depuis le déclenchement des manifestations dans le Rif, plus de 1500 personnes ont été arrêtées.

Arrêtés pour de simples posts sur Facebook

Lundi 3 juin, le tribunal de première instance de Biya (Hoceïma) a condamné Hassan Benchaïb, originaire d’Aït Bouayach, à une peine de deux ans et demi de prison ferme. Ce militant a été arrêté le 25 mai à son domicile pour avoir publié des informations sur le mouvement de protestation dans le Rif sur Facebook. Il a été poursuivi pour avoir porté « atteinte à l’intégrité territoriale du royaume, pour incitation à la rébellion, menace de crime, incitation à commettre des crimes, pour insultes aux forces de sécurité et appel à participer à une manifestation non autorisée ».

Ce militant est le frère du prisonnier politique Bachir Benchaïb qui purge une peine de douze ans d’emprisonnement pour avoir pris part à des manifestations organisées à Aït Bouayach.

Plusieurs militants du mouvement rifain ont été arrêtés ces dernières semaines et condamnés à des peines de prison. Ce même lundi (3 juin), l’activiste rifain Rachid Chabni a été condamné en appel à deux ans de prison, dont un an ferme et un autre avec sursis, pour ses publications sur Facebook et sa participation à la manifestation de Rabat dimanche 21 avril 2019, organisée pour dénoncer le verdict en appel à l’encontre des militants rifains.

Des enfants arrêtés à Biya

Toujours à Biya, six élèves ont été arrêtés par la gendarmerie pour avoir décroché, le 17 mai, le drapeau marocain d’une école de la commune rurale d’Issaguen et l’avoir remplacé par un drapeau amazigh, a rapporté le site Hoceimacity. Agés de 8 à 11 ans, ces élèves scandaient des slogans du mouvement rifain alors qu’ils décrochaient le drapeau alaouite. La bannière est restée sur le mât pendant quatre jours, jusqu’à ce que la gendarmerie de la région en soit informée.

Deux enseignants et le directeur de l’école ont été convoqués par la gendarmerie. Ils comparaîtront dans les prochains jours devant un tribunal marocain. Les autorités leur reprochent de ne pas avoir dénoncé ce « crime ».

Le code pénal marocain punit, dans ses articles 267-1 à 267-4, quiconque porte atteinte notamment au drapeau alaouite. Une peine de prison allant de six mois à cinq ans et une amende allant jusqu’à 100 000 dirhams sont notamment prévues.

Ces élèves risquent d’être condamnés à de lourdes peines de prison. Pour rappel, plusieurs enfants ont écopé de lourdes peines juste pour avoir pris part à des manifestations.
Mohamed Bouhennouch était âgé de 15 ans au moment de son arrestation. Il a été condamné à 15 ans de prison ferme pour « atteinte à la sécurité de l’État. »

Dans une deuxième école de Biya, les parents de plusieurs élèves ont été convoqués par le directeur d’une école. Les élèves avaient entonné « Vive le Rif » lorsque l’hymne national alaouite était joué.

Des militants forcés de s’exiler.

Le 25 avril 2019, Nawal Benaïssa, persécutée pour son implication très active dans le mouvement rifain, a fui le pays, avec son fils de quatre ans, à travers la ville de Ceuta (sous administration espagnole). Elle a demandé l’asile politique aux Pays-Bas.

La militante faisait l’objet d’un mandat d’arrêt en 2017. Elle avait décidé de se livrer à la police. En février 2018, elle a été condamnée à une peine de dix mois de prison avec sursis et à une amende de 500 dirhams pour « participation à une manifestation non autorisée, insulte à agents de la force publique, et incitation à commettre des infractions pénales ». Un verdict a été confirmé en appel le 17 janvier 2019.

Le 12 avril, cette activiste, mère de quatre enfants, a été interdite de quitter le pays par voie aérienne, alors qu’elle comptait se rendre aux Pays-Bas pour prendre part à une conférence. « Quand je suis arrivé au commissariat de police de l’aéroport de Nador ce matin, ils m’ont dit que mon passeport avait été annulé par le ministère de l’Intérieur et que je ne pouvais pas voyager » avait-elle déclaré le 12 avril à l’agence de presse espagnole EFE.

Nawal Benaïssa a affirmé avoir pris cette décision de quitter le pays car elle ne pouvait plus faire face aux intimidations quotidiennes et aux menaces qu’elle reçoit avec ses enfants. Avec Silya Ziani, Nawal Benaïssa, 37 ans, est l’une des figures féminines du Mouvement rifain.

La militante n’est pas la première à avoir demandé l’asile politique dans des pays européens. Abdessadek El Bouchtaoui, avocat, a obtenu l’asile aux Pays-Bas. Achraf Idrissi, 23 ans, qui était sous mandat d’arrêt, a obtenu l’asile en Belgique. Plusieurs autres militants ont fait des demandes d’asile en Espagne. Certains, toujours recherchés sont entrés dans la clandestinité.

Plusieurs vidéos montrant des militants du mouvement rifain fuir le Rif pour rallier les côtes européennes sur des embarcations de fortune ont été diffusés sur les réseaux sociaux.

Il semblerait même que les forces de police de la monarchie marocaine font tout pour forcer les jeunes rifains à fuir leur région afin de la priver de toutes ses forces vives.

Pour rappel, les tribunaux marocains ont confirmé, le 6 avril dernier en appel, les peines de prison allant jusqu’à vingt ans pour les meneurs du mouvement, dont Nasser Zefzazi. Ce dernier a avait été jugé en appel aux côtés de 41 autres accusés.

A. Azergui.

LIBYE : une milice salafiste pro-Haftar menace les Berbères d’extermination.

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Le jeudi 4 avril, l’Armée nationale libyenne (ANL), appelée également « Armée arabe libyenne », du maréchal Haftar, qui contrôle l’est du pays, a annoncé le lancement d’une opération pour « libérer Tripoli » contrôlée par le Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale. Dans un message vidéo, Khalifa Haftar a appelé les habitants de Tripoli à « déposer les armes et à lever le drapeau blanc ». Le Premier ministre Fayez el-Sarraj (gouvernement de Tripoli) a donné l’ordre de mettre les troupes en état opérationnel pour protéger les civils.

Les madkhalistes menacent les Berbères

Dimanche 31 mars, le cheikh Madkhaliste Ahmed Boudouira, alias « Abu Aissa Al-Marjaoui », a menacé les Berbères Libyens d’extermination. Il a expliqué que « la libération » de la zone Ouest qui échappe au contrôle du gouvernement de Haftar doit commencer par la soumission des Berbères ibadites qu’il considère comme des « mécréants ». Pour lui, il est légitime de les exterminer.
Les « madkhalistes », du nom du cheikh saoudien Rabee al-Madkhali, est un courant salafiste qui prône « l’obéissance absolue au gouverneur », quel qu’il soit. La milice, pro-Haftar, est hostile à tous les mouvements de l’islam politique, comme les Frères musulmans, et à ceux du djihadisme, type Etat Islamique et Al-Qaïda, même s’ils sont proches de ces organisations terroristes sur le plan idéologique. Pour cette milice la démocratie est perçue comme la substitution de la souveraineté de Dieu par la souveraineté du peuple.
Les positionnements de la milice ont fait d’elle une alliée du maréchal Haftar, soutenu par l’Égypte, les Émirats arabes unis et, plus discrètement, l’Arabie saoudite. En 2016, Rabee al-Madkhali avait émis un avis religieux (fatwa) encourageant ses partisans à rejoindre les rangs de Khalifa Haftar.
Au cours des dernières années, la milice sévit en Libye. Amnesty international révèle que ces milices ont brûlé des livres et enlevé des étudiants membres d’une association universitaire qui avaient organisé une action pour le Jour de la terre sur leur campus à Benghazi. En novembre 2017, ils ont fermé un festival de bande-dessinée à Tripoli et accusé les organisateurs d’exploiter « la faiblesse de la foi et la fascination pour les cultures étrangères ».

Ces menaces ont poussé les Berbères Libyens à rejoindre le front pour défendre Tripoli.

Le Haut conseil des Amazighs de Libye (HCAL) rejette la violence

Dans un communiqué daté du dimanche 7 avril 2019, le HCAL a réagi à la guerre que mène Haftar contre Tripoli. Il affirme son rejet de toute tentative de coup d’Etat militaire contre l’Etat civil en Libye, expliquant que cette guerre menace la sécurité et la stabilité de la Libye.
Le conseil dénonce l’impuissance et le silence de la Mission d’assistance des Nations Unies en Libye (MANUL). Il appelle les Libyens à renoncer à la violence.

A. Azergui

Rif : La panne des élites poussera-t-elle M6 à intervenir ?

La répression systématique et féroce qui s’abat sur le Rif est le symptôme d’un complexe de la monarchie. Ce complexe a un nom : le Rif, une région qui a toujours refusé de se soumettre au palais et aux sultans alaouites depuis la fin du 19ème siècle, avant les guerres coloniales. Le Rif souffre aussi d’un traumatisme : La monarchie marocaine. Celle-ci est responsable directement de la mort de dizaines de milliers de Berbères du Rif (et d’ailleurs). Entre la monarchie et le Rif se trouve un fossé, une rivière du sang. Réconcilier les deux parties est une mission impossible. C’est ce qui explique la complexité de la situation actuelle. Autre problème qui empêche la communication : la panne des élites.


Les protestataires ne veulent écouter ni politiques, ni ministres, ni parlementaires, ni hauts fonctionnaires, ni intellectuels dépêchés sur place à partir de Rabat. Tous manquent, à leurs yeux, de crédibilité. Ils sont non seulement corrompus, mais inefficaces. Leur parole ne vaut pas un clou. Leurs voix ne portent pas loin et sont discrédités à cause de leur passivité et leur servilité maladive à la monarchie.

Depuis des décennies, la monarchie alaouite a vampirisé les élites politiques, artistiques, intellectuelles et religieuses en les domestiquant grâce à un système efficace de corruption. La monarchie récupère tous ceux qui bougent, peu importe leurs sensibilités politiques tant qu’ils sont serviles et qu’ils acceptent de servir les desseins de la monarchie. Des artistes jusqu’aux terroristes accusés d’implication dans les attaques kamikazes de Casablanca, en passant par les écrivains, les cinéastes, les activistes de la « société civile », la monarchie ratisse très large. Depuis le début des manifestations dans le Rif, nombre de ces « artistes », intellectuels et autres présidents d’associations des droits humains ou d’organisations internationales (mêmes amazighes) entrés en « dissidence contrôlée » se sont exprimés « par devoir » contre « la Fitna » dans le Rif. Ils n’avaient pas besoin de penser. Il leur suffisait de répéter la version officielle et de la promouvoir.
Cette « élite-kleenex » qui vit dans les grandes agglomérations est coupée de son milieu naturel. Elle est prête à tout faire pour plaire au palais et à ses relais, à diffuser la propagande officielle, à dénigrer les opposants et à justifier la répression qu’ils subissent. Les recrues, venant de différents horizons, font partie d’une réserve constamment renouvelée par ce qu’elle n’est utilisée qu’une seule fois. Elle finit au rebut et perd toute sa crédibilité vu sa proximité même momentanée avec le régime. La monarchie est corruption. C’est la règle. La chasse aux nouveaux « talents » est perpétuelle pour combler le vide. Des élites sont ainsi captées, vidées de leur sens. Leurs œuvres récupérées et utilisées à la gloire du régime.
C’est justement à cause de cette mécanique infernale mise en place que les protestataires du Rif (et les citoyens par extension) ne font pas confiance aux partis politiques, aux « élus », aux conseillers et autres hauts fonctionnaires. Ils savent qu’ils n’ont aucune autorité, qu’ils sont là juste pour le décor.
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Reste Mohamed VI en personne. Que peut faire au juste un roi qui refuse de parler directement à ses « sujets » sauf à travers d’interminables discours en arabe classique ? Que peut faire un roi qui refuse, par mépris, tout comme son père Hassan II, d’accorder une interview à un média local ? La réponse est simple : Il se sert des médias et des chefs d’Etat étrangers pour communiquer avec ses « fidèles sujets ». Le mercredi 14 juin, c’est Emmanuel Macron, le président français, qui se prend pour le porte-parole de Mohammed VI. Il nous apprend que Mohammed VI est « préoccupé » par la situation dans le Rif. « Il ne m’appartient pas de juger d’un sujet politique intérieure, mais le roi considère comme légitime qu’il y ait des manifestations, qui sont prévues dans le droit constitutionnel », a-t-il poursuivi. « Il souhaite apaiser la situation en répondant aux prémices de ces mouvements et en apportant une considération à cette région », a ajouté M. Macron.

Si Mohammed VI est vraiment « préoccupé » et qu’il « considère comme légitime qu’il y ait des manifestations, qui sont prévues dans le droit constitutionnel », alors qu’attend-il pour intervenir, alors que ses services mènent une véritable purge dans le Rif ? Attend-il un nouveau bain de sang dans cette région ?Ceci dit, il reste à savoir si le Rif écoutera ce qu’il a à dire, sachant qu’il ne parle même pas la langue de ses « chers sujets » !

Faudrait-il rappeler que les services de répression de cette même monarchie ont interdit aux familles des détenus de s’exprimer en langue berbère dans les parloirs ?.

A. Azergui

RIF : la répression, le choix impérieux de la monarchie

Dimanche 11 juin, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Rabat pour exiger la libération de militants amazighs arrêtés lors d’opérations des forces de répression de la monarchie marocaine dans le Rif où des manifestations pacifiques sont organisées quotidiennement depuis fin octobre 2016.

« Jeunes royalistes » et Robots makhzeniens

Un groupe de contre-manifestants, qui arborait des portraits de Mohammed VI et de Hassan II ainsi que des drapeaux marocains, a tenté de perturber le bon déroulement de la marche de Rabat. Une dizaine d’individus se revendiquant d’un groupe appelé les « Jeunes royalistes » ont traité les manifestants de « traîtres » et entonné des slogans à la gloire de la monarchie marocaine. Ils mettent en garde contre le spectre de « la fitna » [1] (Sédition, troubles). Ce groupe, qui reprend tous les éléments de langage utilisés par la monarchie, ses médias, ses ministres et ses relais de tous genres, avait déjà perturbé des manifestations de colère organisées dans plusieurs villes, dont Casablanca, contre la monarchie marocaine est ses politiques.

Depuis les premières manifestations organisées suite au meurtre de Mohsin Fikri, les Berbères du Rif sont traités de « traîtres », de « fils de l’Espagne », de « trafiquants de drogue », d’ »Apaches » (Barbares). La haine anti-berbère a pris plusieurs formes et a trouvé un écho considérable sur les réseaux sociaux. Des robots de la propagande makhzénienne s’activent sur les réseaux sociaux pour discréditer les manifestants et le mouvement de protestation. La cible principale est son leader Nasser Zefzafi. Ce dernier a bénéficié, selon eux, de financements étrangers, même de la part du Polisario, pour déstabiliser le pays. Sur YouTube, des vidéos menaçant de mort les activistes rifains ont été diffusées.
Sur l’application WhatsApp, des appels à cesser les manifestations circulent avec des messages faisant référence à la situation syrienne. Des mouvements islamistes et des partis comme le PJD (Parti de la justice et du développement) et l’USFP (Union socialiste des forces populaires) ont appelé leurs membres à ne pas manifester, sous peine d’être radiés.

Répression aveugle.

Les autorités marocaines ont mené une vague d’arrestations au cours des quatre dernières semaines visant le noyau dur du mouvement de protestation, justifiée selon elles par la nécessité de « faire respecter la loi ». Selon les derniers chiffres officiels, 107 personnes ont, à ce jour, été déférées devant des tribunaux. Elles sont poursuivies pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, incendie prémédité d’un véhicule, tentative d’homicide volontaire, perception de sommes d’argent pour favoriser une activité et une propagande de nature à porter atteinte à l’unité du Royaume et sa souveraineté, déstabiliser la loyauté des citoyens envers l’Etat marocain et les institutions du peuple marocain, offrir l’abri à une personne recherchée pour crime et incitations contre l’intégrité territoriale du Royaume ». Des leaders de ce mouvement, Naser Zefzafi et Silya Ziyani, entre autres, ont été transférés à Casablanca, alors que les autres sont incarcérés à Biya (Al Houceima) et à Nodor.

Jeudi 15 juin, trente-deux manifestants ont été condamnés à des peines de prison ferme allant de six à dix-huit mois par le tribunal de première instance de Biya.

Un meurtre barbare.

A l’origine du mouvement de protestation qui secoue le Rif, le meurtre, vendredi 29 octobre 2016, d’un vendeur de poisson, Mohsin Fikri, écrasé par le presse hydraulique d’un camion-ordure alors qu’il tentait de s’opposer à la saisie et à la destruction de sa marchandise par des agents de la ville. L’ordre de broyer la victime a été donné par un officier de la police. Ce meurtre a déclenché des manifestations quotidiennes, d’abord dans la région du Rif, et puis dans plus de trente villes où des manifestations et des rassemblements sporadiques sont organisés.

Les manifestants du Rif revendiquent certes des projets de développement de cette région marginalisée et enclavée, mais surtout la « démilitarisation » de Biya proclamée « zone militaire » en 1958 par Dahir royal [2]. Cette proclamation fait suite à des manifestations de colère organisées à Biya en novembre 1958. Des sections du Parti de l’Istiqlal, pointé du doigt pour sa responsabilité directe dans la liquidation du chef de l’Armée de libération nationale (ALN-Nord), Abbas Messaâdi en juin 1956, avaient été incendiées et des soldats de l’armée marocaine stationnés dans la région délestés de leurs armes et emprisonnés. Vers la fin du mois de janvier 1959, la révolte fut étouffée par une force composée de 30 000 hommes et conduite par Hassan II, alors prince héritier de la monarchie alaouite.

Un mémorandum composé de dix-huit points avait été rédigé à l’intention de Mohammed V réclamant la justice et des réformes sociales et politiques et, surtout, le retour d’Abdelkrim Khattabi de son exil en Egypte. L’intervention barbare de l’armée marocaine a provoqué des milliers de morts. Les militaires s’étaient comportés comme une véritable force d’occupation, procédant à des viols collectifs et à des exécutions. D’après des témoignages de survivants, les militaires de la monarchie marocaine éventraient des femmes enceintes et incendiaient des maisons. Des hommes sont brûlés vifs. Ces crimes toujours impunis ont incontestablement créé un fossé entre le Rif et la monarchie marocaine.


En 1984, les forces de répression marocaines interviennent à nouveau à Nador pour réprimer une manifestation pacifique, poussant des milliers de Berbères du Rif à quitter la région pour se réfugier en Europe.

Le gouvernement s’affole.

En réaction aux manifestations qui rassemblent de plus de plus de citoyens et qui inquiètent la monarchie, les dirigeants des six partis de la majorité, rendent public un communiqué le dimanche 14 avril 2017, à l’initiative du ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit. Dans ce communiqué, ces partis condamnent l’instrumentalisation des contestations dans le Rif par des groupes qualifiés de « séparatistes ». Le communiqué fait référence au drapeau de la République des tribus confédérées du Rif brandi par les manifestants. Cette république avait été fondée au début des années 1920 par Abdelkrim Khattabi, alors que ces tribus combattaient la pénétration militaire espagnole. Il faut dire qu’un mouvement revendiquant l’indépendance de cette région a vu le jour en Europe, mais reste minoritaire.

En réaction à ce communiqué, le PJD (Parti de la justice et du développement) affirme que le chef du gouvernement marocain Saad Eddine El Othmani, pourtant président du Conseil national de cette même formation, ne représentait pas le parti islamiste mais qu’il était présent en sa qualité de chef du gouvernement.

Le 18 avril, quatre jours après la publication de ce communiqué, le Conseil de gouvernement rectifie le tir et considère que les revendications des mêmes manifestants sont, cette fois-ci, « légitimes ».
Auparavant, le ministère de l’intérieur a limogé, le 27 mars, Mohamed Zhar, le gouverneur de la province de Biya. La veille de son limogeage, le 26 mars, une marche d’une centaine d’élèves de la commune urbaine d’Imzouren tourne à l’émeute, faisant des blessés et des dégâts matériels.

Des ministres inaudibles.

Le 22 mai, une délégation de « haut niveau », composée de plusieurs ministres et directeurs d’institutions publiques concernées par les chantiers de développement dans « la province de Biya », se rendent dans la ville. Ils promettent, lors d’une conférence, plus de dix milliards de dirhams de projets de développement pour sortir cette région de son isolement. La conférence des ministres a été boudée.

Les ministres n’ont pas saisi que le Rif n’a pas seulement besoin de projets de développement, mais aussi et d’abord de respect et de dignité. Les ministres ont été chassés, par la suite, de la ville par les manifestants. Tous sont issus des partis ayant taxé les Rifains de « séparatistes ».

La religion comme arme politique.

Le 29 mai, le dirigeant du mouvement de protestation, Nasser Zefzafi a été arrêté par la police à Biya pour avoir interrompu le prêche d’un imam dans une mosquée de la ville. L’imam exhortait les habitants à ne pas manifester, qualifiant les manifestants de « séparatistes » et de « traitres ». Après ce prêche, les habitants de plusieurs villes et localités boycottent les mosquées et dénoncent l’utilisation de la religion afin de réprimer les manifestations pacifiques. Un communiqué du ministère marocain des affaires religieuses qui soutient l’imam chassé de la mosquée a exacerbé davantage les tensions dans la région.

Profitant de cet incident, la police a procédé à plusieurs dizaines d’arrestations musclées visant à priver le mouvement de ses leaders. Elle a aussi usé de la force pour disperser des manifestations pacifiques à Biya, Rabat, Imzouren et Nador, provoquant des affrontements avec les protestataires.

Ces arrestations n’ont pas provoqué l’arrêt des manifestations, mais favorisé leur propagation à presque plusieurs grandes villes.

’Apaisement’ !

La situation actuelle qui prévaut à Biya et dans sa région nourrit de fortes interrogations quant à l’apaisement. Le sentiment général d’inquiétude provoqué par les arrestations massives opérées dans le Rif, pourrait provoquer une radicalisation du mouvement de protestation.

La gestion par le gouvernement de cette affaire est flottante depuis le début. L’échec de la visite effectuée par les ministres marocains dans le Rif et les communiqués contradictoires du gouvernement révèlent que celui-ci est complètement dépassé par les événements. Les erreurs du gouvernement ont prouvé sa fragilité et surtout sa faiblesse et l’étroitesse de son champ d’action. Il ne peut rien entreprendre sans l’aval de la monarchie.

Les manifestations de solidarité avec le Rif sont aussi organisées dans plusieurs pays à travers le monde (Bruxelles, Barcelone, Rotterdam, Oslo, Amesterdam, Paris, Lille, Tizi Ouzou, Bgayet, Washington, etc.). Plusieurs pays, dont les Pays Bas et l’Allemagne ont appelé leurs ressortissants à être vigilants et à ne pas se rendre dans le Rif.

Et maintenant ?

Une nouvelle fois, la monarchie a choisi de réprimer un mouvement pacifique par ce qu’elle est sourde. Aux revendications légitimes des habitants, elle oppose mépris et violence. Ses services ont tenté de décrédibiliser le mouvement par tous les moyens possibles. Ils ont mobilisé des « intellectuels », des Berbères de services et même un ex-chef de la Salafia Djihadia qui avait été condamné à trente ans de prison ferme pour son implication dans les attaques kamikazes de Casablanca (16 mai 2003) avant sa libération, dans le but de lier le mouvement de protestation à des groupes terroristes. Ils ont essayé de corrompre et de semer le doute dans les esprits pour isoler le mouvement. Face à son échec, à l’ampleur des manifestations quotidiennes et à la détermination des manifestants, elle a eu recours à ce qu’elle affectionne le mieux : la répression policière et judiciaire pour écraser les meneurs de la contestation. Mais jusqu’à quand ? Cherche-t-elle à provoquer des affrontements pour justifier une large opération de « maintien de l’ordre » ?

Des groupuscules de gauche et surtout des organisations islamistes comme Al-Adl Wal-Ihsan (Justice et bienfaisance) viennent se greffer sur ce mouvement de protestation au risque de le dénaturer et le vider de son sens.

Il est plus qu’urgent d’être vigilant pour déjouer les plans de la monarchie, visant à embraser le Rif à nouveau. Le mépris est certes une politique d’Etat, mais il ne faut pas oublier que la violence et la barbarie font aussi partie de l’ADN des monarques alaouites.

A. Azergui.

Notes

[1Terme religieux, en langue arabe, utilisé dans les milieux musulmans pour évoquer la discorde au sein de la communauté musulmane.

[2Dahir royal n°1.58.381, daté du 24 novembre 1958, paru dans le journal officiel n° 2405 de la monarchie marocaine du 29 novembre 1958. Ce texte de la monarchie alaouite décrète que Biya (Al Houceima) est considérée comme zone militaire.

Analyse : « Le roman maghrébin en berbère »

Voici en PDF une étude sur le roman berbère dans les pays de l’Afrique du Nord (Kabylie et Tamazgha Occidentale). Elle a été publiée par Mohand Akli Salhi et Nabila Sadi dans « Contemporary French and Francophone Studies« . Ils y parlent bien sûr de mes romans.

LIEN :

Le Roman Maghrebin En Berb re

La colère des Rifains donne des sueurs froides à la monarchie

Il semble qu’un vent de panique s’est emparé de la monarchie et de ses services. Pour réduire au silence les manifestations organisées quotidiennement dans les villes du Rif, elle a mis ses pions en ordre de bataille, actionné sa machine de propagande et usé de plusieurs artifices. Mais, sa communication infantilisante semble produire l’effet inverse. Elle est inaudible. Les manifestations contre l’arbitraire et le mépris se propagent dans tout le pays et se radicalisent. La peur semble changer de camp.

Les récentes manifestations pacifiques déclenchées dans plusieurs villes à Tamazgha occidentale suite au meurtre barbare de Mohsin Fikri, survenu le vendredi 29 octobre dernier à Biya (Houceima) inquiètent sérieusement la monarchie marocaine. Elles lui donnent des sueurs froides. Faute de pouvoir répondre aux revendications des manifestants, le Palais utilise ses pions, ses robots sur Twitter et ses relais pour crier au « complot », manipuler et désinformer. Pour la monarchie, le fait de manifester pour exiger la vérité sur le meurtre de Mohcin Fikri est « sédition » et « rébellion ».

Premier signe de panique. Juste après le drame et les premiers rassemblements de colère, trois ministres marocains se sont rendus à Biya pour rencontrer la famille du défunt, dans le but d’apaiser les tensions et promettre « l’ouverture d’une enquête ». Le gouvernement a oublié que le drame dépasse largement la famille du défunt. Il est le résultat de l’arbitraire de la monarchie et de ses relais. Le drame a choqué au-delà du Rif, ce qui explique la persistance des manifestations. Juste après, le chef du gouvernement marocain, l’islamiste Abdelilah Benkirane, a appelé les membres de son parti à rester en retrait et les « Marocains » à ne pas manifester, assurant que « les manifestations ne servent à rien. L’article 29 de la constitution marocaine autorise pourtant les manifestations publiques. Si le troupeau fidèle à Benkirane a choisi de ne pas manifester par lâcheté, les Imazighen continuent de le faire.

Le 1er novembre, la députée Khadija Ziyani de l’Union constitutionnelle, réagissant à une photographie montrant des manifestants arborer un drapeau espagnol à Biya, a traité sur Facebook les manifestants rifains de « racailles ». « Hassan II avait raison quand il avait taxé de ‘racailles’ les manifestants du nord (en 1984) », a-t-elle écrit. Sauf que la photographie a été retouchée grossièrement par Photoshop et le drapeau amazigh remplacé par un drapeau espagnol. Les propos de cette députée, ont suscité l’indignation générale. Elle sera exclue de son parti quelques jours après. De son côté, évoquant l’assassinat de Mohcine Fikri, le ministre marocain de l’intérieur s’est engagé à « punir les responsables de ce drame », estimant que « personne n’avait le droit de le punir ainsi » et qu’on « ne peut pas accepter que des responsables agissent dans la précipitation, sous la colère, ou dans des conditions qui ne respectent pas le droit des gens ». Le ministre a affirmé que les conclusions de l’enquête devraient être publiées assez vite, « c’est une question de jours », ajoutant que « L’État ne peut pas être considéré comme directement responsable de ce décès, mais l’État a la responsabilité d’établir les fautes et de sanctionner leurs auteurs ».


Sauf que l’Etat marocain, celui dont parle le ministre, est complice de tous les crimes commis contre les Rifains depuis 1956. Comment alors croire les promesses d’un tel Etat lorsque toutes les enquêtes promises depuis plusieurs années sur différents scandales et meurtres impliquant les autorités n’ont jamais abouti. Même les prêcheurs saoudiens haineux se sont mêlés de cette affaire. Abdul Rahman Ibn Abdul Aziz as-Sudais, l’imam en chef de la grande mosquée de la Mecque, a appelé les Marocains à ne pas manifester dans la rue et à ne pas céder à la « sédition » provoquée, selon lui, par les ennemis. Cette intervention est la preuve que la panique est générale. Les manifestations inquiètent même les wahhabites saoudiens. Autre signe de panique, l’activation par la monarchie d’une centaine de comptes automatiques sur Twitter pour relayer la propagande royale et les thèses officielles dans le but de faire face à la colère exprimée sur les réseaux sociaux. Ces « bots » qui ont fait leur apparition sur Twitter après le scandale de Daniel Gate (affaire d’un pédophile espagnol gracié par Mohamed VI) répètent des messages précis. Deux thèmes reviennent dans ces tweets, l’ouverture d’une enquête et la mise en garde contre la « sédition ».

Cette offensive n’a pas seulement touché Twitter, mais également l’application WhatsApp. Des centaines de personnes ont reçu des messages anonymes les appelant à ne pas participer aux manifestations, mettant en comparaison la stabilité du Maroc avec les chaos syrien et libyen. Cette idée a également trouvé son écho dans certains journaux makhzéniens largement subventionnés par la monarchie. Ces journaux accusent certaines parties, dont le Polisario et l’Algérie, d’être à l’origine de la mobilisation dans l’objectif de « déstabiliser le pays ».

Tous ces agissements hasardeux prouvent que la monarchie est sérieusement inquiétée par les manifestations pacifiques qui touchent plusieurs villes. Sa communication ne passe plus. Elle est inaudible et dépassée. Le mouvement amazigh, celui qui a choisi de manifester, de contester et de crier sa colère, a choisi d’investir la rue pour revendiquer ses droits.

Si la monarchie continue à paniquer elle n’hésitera pas à provoquer un nouveau bain du sang dans le Rif et ailleurs. La répression est son ADN. La vigilance doit être de mise.
Pour le moment, la monarchie fait la sourde oreille aux revendications des manifestants. Un fossé sépare les aspirations des Rifains et ceux de la monarchie depuis 1956 et risque de s’élargir davantage en cas de répression. Le monarque marocain qui s’est adressé « à son cher peuple » lundi 8 novembre depuis Dakar (à l’occasion du quarantième anniversaire de la Marche verte) a choisi le silence. Il n’a fait aucune allusion aux manifestations de colère qui prennent de l’ampleur.

A. Azergui

 

Lorsque les « acquis » deviennent des obstacles !

Depuis plusieurs années, le mouvement amazigh à Tamazgha occidentale (Maroc) a changé radicalement de visage. Il est méconnaissable, fragilisé et à la merci totale de la monarchie marocaine qui le manipule à outrance. Le spectacle qu’il offre est affligeant. La majorité des cadres associatifs qui faisaient sa fierté ont été essoufflés. La plupart des présidents des associations les plus actives ont fait le malheureux choix de la compromission et de la servilité depuis qu’ils ont baissé l’échine et embrassé la main du monarque marocain à Ajdir (Moyen Atlas) un certain 17 octobre 2001. Certaines associations et leurs responsables ont été largement récompensés pour leur collaboration. Il faut dire que la servilité est facile surtout lorsqu’elle est lucrative.

Saccage !

Avant d’arriver à ce stade, le régime a tout saccagé avec la complicité de ces mêmes collaborateurs. Le CNC (Conseil national de coordination), un cadre ambitieux qui regroupait des associations amazighes, s’est éteint. Le Congrès mondial amazigh a été détruit, infiltré de toutes parts par les services, réduit en petits groupes rivaux sans aucune influence : même l’infréquentable Kadhafi, le pire des ennemis des Imazighen s’était permis de le fouler de ses pieds en soudoyant gracieusement certains de ses cadres. Les présidents des débris du CMA s’affrontent toujours pour s’octroyer la légitimité de revendiquer ce qui reste de son cadavre. Triste sort pour une organisation internationale qui avait pour mission de défendre les intérêts de « la Nation amazighe ».

Des « élites » de la mouvance amazighe ont été recrutées et gracieusement rémunérées après la publication du fameux « manifeste amazigh » et confinées dans un institut, à statut consultatif rattaché au Palais, qui a contribué à saper le mouvement amazigh. Le « choix » suicidaire de la graphie Tifinagh-Ircam, imposé par le Palais, et la gestion de la question de l’enseignement de Tamazight, entre autres, sont révélateurs du caractère nocif de cette structure. Géré comme une vulgaire administration makhzénienne, cet institut assiste aux manœuvres destructrices de la monarchie.

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Le règne de la médiocrité

Depuis la création de l’Ircam, un malheur noir s’est abattu sur le Mouvement amazigh. La mauvaise herbe a foisonné partout. Les faux-culs, les artistes-mouchoirs, les arrivistes de tous poils, les « poètes » et « les écrivains » sans scrupules écument les festivals et les salons, organisés souvent par l’Ircam sous « le haut patronage du roi ». Partout ils crient « vie au roi » et autres débilités qu’on croyait enterrées à jamais. Ces « artistes » et « écrivains » de service passent à la télévision et sont souvent récompensés par des « prix » plus « politiques » que littéraires.

Une chape de médiocrité s’est aussi abattue sur la littérature amazighe, jeune et très fragile. I’Ircam publie tout et n’importe quoi dans le cadre d’une politique que ses patrons appellent « asgudi » (la quantité). Une politique facile à comprendre puisque ce procédé vise à affaiblir la nouvelle littérature amazighe pour empêcher le peuple amazigh de se doter d’un véritable outil de libération linguistique et politique par la suite. Le très peu de livres de qualité sont submergés par des centaines de textes sans aucune valeur littéraire, ni esthétique. Les exemples sont légion.

Autre manifestation du dérapage du « Mouvement amazigh » est la commémoration, le en grande pompe, de l’anniversaire du discours d’Ajdir qui scelle le pacte de servitude totale des Imazighen à la monarchie. Le Mouvement amazigh a choisi de capituler et faire allégeance à la monarchie au lieu de fêter des faits marquants de notre histoire politique, comme les arrestations de Tilelli (Tizi n Imnayen 1994), les batailles historiques (Dhar Oubarran, Saghru, Badou, Tazegzawt etc.) contre l’armée française et son allié chérifien.

Le mouvement estudiantin, quant à lui, reste le plus actif. Mais, privé d’une structuration solide, il est incapable de se développer. Il est aussi inefficace que la plupart des associations indépendantes qui résistent toujours, avec le peu de moyens dont elles disposent, aux politiques makhzeniennes.

Que reste-t-il de ce Mouvement amazigh qui se revendiquait laïque et indépendant ? Rien de plus qu’un ramassis de débris !

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Des « acquis » ? Tu parles !

Il est temps que le Mouvement amazigh indépendant se ressaisisse, se démarque des autorités et de tous les Berbères de service qui ont vendu leurs âmes à la monarchie alaouite. Il est aussi temps de se démarquer de tous les prétendus « acquis » du Mouvement amazigh. L’enseignement de l’amazigh, la graphie Tifinagh, Tamazight TV, entre autres, ne sont pas des « acquis », mais plutôt des freins empêchant l’épanouissement de l’amazighité. Tout ce qui a été fait pour l’amazighité de la part du pouvoir ne sert que ses propres intérêts, pas ceux de l’amazighité et des Imazighen. Ces prétendus « acquis » ne font qu’adoucir la domination qu’exerce la monarchie sur « ses » Berbères, à l’aide d’autres Berbères qui ont choisi d’être serviles.

Le salut de l’amazighité ne viendra ni de l’Ircam, ni de la monarchie marocaine hostile à tout ce qui est amazigh, ni de certains Berbères de service qui sont entrés en « dissidence contrôlée » pour amadouer la militance amazighe. Le salut viendra des Imazighen eux-mêmes qui ont choisi d’être libres et d’œuvrer pour leur souveraineté. Imazighen sont chez eux, sur leur propre terre. Et le pouvoir politique doit leur revenir. Il faut se battre pour construire une conscience nationale et enclencher un mouvement de libération de notre terre, la libération de Tamazgha de l’arabo-islamisme.

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Tous les « acquis » ne sont que manipulation.

A. Azergui