Hindi Zahra, la belle de scène

Le magazine britannique «The Wire» la considère comme «la fille spirituelle de Billie Holiday». Holiday (1915-1959), pour mémoire, est considérée comme l’une des plus grandes chanteuses que le jazz ait connu.

Zahra sur scène

 Hindi Zahra est cette jeune chanteuse, peintre et auteur-compositeur amazighe. Singulière et originale. Elle est née en 1979 à Khouribga au Maroc. Issue d’une famille d’artistes amazighs, elle n’a cessé d’explorer le blues ancestral ainsi que la part de l’universel dans notre langue. Zahra est une artiste accomplie. Sa voix vibrante et douce est sans frontières.

Son premier album « Handmade » est sorti en janvier 2010. Chanté en anglais et en langue amazighe, cette œuvre a été saluée par les critiques aux Etats-Unis et en France. Elle a  reçu plusieurs récompenses en France dont « la révélation musicale de l’année » et « le prix Constantin » en 2010 pour son album.

Dans cet album, elle chante l’amour. Elle rend hommage à sa terre.

 

A. Azergui

Dania Ben Sassi, l’hirondelle du printemps amazigh libyen

Inconnue, il y a seulement quelques mois, la chanteuse amazighe libyenne Dania Ben Sassi est devenue l’icône du printemps amazigh libyen.

Dania Ben Sassi

Il faut dire que la chute du régime tristement célèbre de Kadhafi et le vent de liberté qui a soufflé sur le pays a permis une renaissance extraordinaire de la culture amazighe, totalement interdite sous Kadhafi. Le fou de Tripoli qui considérait cette langue comme «un poison», avait pendu publiquement et tué des dizaines de militants de la cause berbère. Plusieurs milliers d’autres ont été poussés à l’exil.

Quelques mois avant le déclenchement de la guerre qui allait ébranler ses fondements, le régime mafieux de Kadhafi a arrêté et condamné le chanteur amazigh engagé Abdullah Ashini à cinq ans d’emprisonnement. Le seul crime de cet artiste est d’avoir participé au festival de la chanson amazighe de Las Palmas aux Iles Canaries … il y a deux ans.

Avant sa condamnation, l’artiste a été privé de son passeport et empêché de participer au festival amazigh méditerranéen à Tanger au nord du Maroc.

Il a été aussi interdit d’enregistrer ses albums en Libye, au motif qu’il chante dans une autre langue que l’arabe.

Face à la répression du régime, les auteurs et les chanteurs amazighs libyens ont investi la toile pour faire connaître leur combat. C’est ainsi que des amazighes des différents pays de l’Afrique du nord et de la diaspora ont découvert entre autres les belles chansons d’Ashini et la voix révoltée de Dania. Mais que sait-on au juste à propos de Dania Ben Sassi ? Peu de choses. On sait qu’elle est étudiante en économie et qu’elle est originaire des Ait Willul (région de Zouara).

On sait également que l’artiste est née à Belgrade en Serbie d’un père amazigh libyen et d’une mère serbe. La chanson qui l’a fait connaître est intitulée « Itri nnegh » (notre étoile). Ecrite par son père, elle est un hommage aux révolutionnaires amazighs de Libye et un appel à la résistance face à la tyrannie.

Axel  Azergui