Les étudiants amazighs victimes d’une nouvelle attaque à Agadir

Samedi 19 mai, un groupe d’étudiants arabistes sahraouis se réclamant du Polisario ont attaqué des étudiants de la filière des études amazighes (cycle Master) qui passaient leurs examens à la faculté des lettres d’Agadir. Les assaillants, cagoulés, ont utilisé des armes blanches, des serpes, des sabres et des pierres.

En réaction à cette attaque, la police de la monarchie marocaine a interpellé 35 militants de la cause amazighe. Ils seront libérés par la suite. Trois assaillants ont été aussi arrêtés. Cette attitude de la police marocaine est pour le moins étonnante : alors qu’elle est censée protéger les agressés, elle procède plutôt à leur arrestation.

Etudiant sahraoui portant une arme blanche.

Une attaque délibérée

Trois semaines avant cette attaque, les militants du mouvement amazigh étaient victimes de provocations, précise le Mouvement Amazigh estudiantin dans un communiqué daté du 21 mai. Les militantes sont menacées de viol. Les étudiants sahraouis parasitent les activités culturelles, intimident les militants, les menacent de mort. Ils avaient même tout essayé pour impliquer les étudiants amazighs dans des actes de violences. Malgré tout cela les militants Amazighs ont choisi de ne pas réagir par la violence.

La nuit du mercredi 16 mai 2018, un militant a échappé aux poursuites d’une bande armée de 12 personnes. La nuit du jeudi 17 mai, les étudiants sahraouis ont attaqué des étudiants amazighs par des pierres provoquant six blessés parmi eux.

« Pour ne pas tomber dans l’abîme de la violence et pour que les examens passent dans une ambiance favorable, les militants ont quitté la faculté le vendredi 18 mai, à l’exception des étudiants inscrits dans la branche des études Amazighes, qui auront des examens ce même jour », précise le communiqué.

Ce même jour, les étudiants sahraouis ont forcé les portes des chambres des étudiants amazighophones pour les vandaliser dans une nouvelle tentative de provocation. « Durant toute la nuit du vendredi, cette bande s’est mis à stocker leurs armes au milieu de la faculté. Le samedi matin, ces criminels sont sortis de la cité universitaire, divisés en deux groupes pour encercler la faculté et s’en prendre aux militants et étudiants amazighs. L’administration de la cité universitaire et les administrations des facultés étaient au courant de tout ce qui va se passer », ajoute le communiqué, mais avaient choisi de ne pas intervenir pour protéger les étudiants.

Les assaillants avaient poussé leur insolence jusqu’à procéder à des contrôles d’identité pour chercher des étudiants originaires de la province de Tinghir. Ils réclamaient aux étudiants leurs cartes d’identité. Des étudiants amazighs sont traqués, molestés et intimidés sous le regard des agents d’autorité.

Le Mouvement amazigh particulièrement visé

Depuis son émergence dans les universités au début des années 1990, les militants berbéristes ont fait face à des harcèlements et à des provocations de la part de mouvements islamistes et de la gauche arabiste.

Les premières attaques menées contre les militants du mouvement amazigh par l’extrême gauche panarabiste, soutenue par des étudiants sahraouis se revendiquant du Polisario, remontent à 2003. Mais, c’est en 2007 que ces attaques se sont intensifiées. Des expéditions punitives ont été menées contre les étudiants berbéristes dans les facultés de Taza, Ameknas, Agadir et Imetghren, avec la bénédiction des autorités. Des centaines de militants avaient été arrêtés, d’autres condamnés à de lourdes peines de prison. Des dizaines de militants ont été blessés grièvement.

Assassinat de Omar Khaleq

Jamais ces violences n’avaient provoqué de morts, jusqu’au 23 janvier 2016. Ce jour-là, un groupe d’étudiants arabistes sahraouis, armés de sabres et de haches, ont attaqué cinq étudiants militants du Mouvement amazigh, près d’une faculté à Marrakech, leur provoquant de graves blessures. Parmi les blessés figurait Omar Khaleq, un étudiant originaire de Tinghir dans la région de Dra (sud-est).

Cet étudiant, qui a reçu plusieurs coups donnés par des haches et des sabres, a succombé à ses blessures le 28 janvier. La victime avait été inhumée le 29 janvier dans son village natal. Plus de 15 000 personnes ont assisté à ses funérailles.

Cette nouvelle campagne de violence visant le Mouvement amazigh dans les universités de Tamazgha occidentale a pour but, probablement, de provoquer les étudiants amazighs afin de les impliquer dans des actes de violence, ce qui permettra aux autorités marocaines de procéder à de nouvelles arrestations massives.

Vigilance

Dans son communiqué, le Mouvement estudiantin rappelle qu’il est pacifique et qu’il ne réagira pas la violence à ces provocations et attaques, par ce qu’il est conscient que les assaillants sont manipulés par les autorités pour damer le pion au mouvement amazigh de plus en plus présent sur la scène universitaire.

Par : Aïssa Jebbour (avec la rédaction).

Assassinat d’un militant du Mouvement amazigh à Marrakech : Barbarie, mensonges et manipulations

Le 23 janvier 2016, un groupe d’étudiants arabistes sahraouis acquis aux thèses du Polisario, armés de sabres et de haches ont attaqué cinq étudiants, militants du Mouvement amazigh, à l’entrée de la faculté des lettres de Marrakech, leur provoquant de graves blessures. Parmi les blessés figurent Omar Khaleq, âgé de 26 ans. Cet étudiant originaire d’Ikniwen, un village situé dans la province de Tinghir, a reçu plusieurs coups donnés par des haches et des sabres. Omar qui a obtenu sa licence en histoire à l’issue de l’année universitaire 2014-2015 à l’université Cadi Ayad et poursuivait cette année ses études de master au sein de cette même université, a succombé à ses blessures le 28 janvier 2016.

La victime a été inhumée le 29 janvier dans son village natal. Plusieurs milliers de personnes ont assisté à ses funérailles.

Barbarie

revendication de l'assassinat

Revendication de l’assassinat

Les assaillants, cagoulés, s’étaient acharnés sur Omar Khaleq, alias « Izem ». Un coup de sabre a transpercé sa cage thoracique et endommagé ses poumons. Sa boite crânienne et l’un de ses bras ont été également fracturés. L’attaque visait à donner la mort.

Juste après ce crime, les assaillants ont revendiqué fièrement leur acte sur la page Facebook des « étudiants sahraouis à Marrakech ». La rhétorique utilisée dans ce message est guerrière. Le message parle de quatre blessés et d’un cinquième laissé pour mort – allusion faite à Omar Khaleq – et aussi de « violence révolutionnaire » dont il faudra user contre le Mouvement amazigh.

L’attaque a été préméditée et soigneusement préparée. Les étudiants qui y sont impliqués seraient venus spécialement d’Agadir pour l’accomplir.

Mensonges et désinformation

La plupart des médias marocains ont relié cette information depuis le jour de l’attaque en évoquant des affrontements entre étudiants sahraouis et autres membres du Mouvement amazigh universitaire à Marrakech, sans donner plus de détails. Ces médias tentaient de brouiller les pistes parce qu’il n y’avait pas, en réalité, d’affrontements directs entre les deux parties. Le but de ces médias étant de décrédibiliser le Mouvement amazigh et le taxer de violent, alors qu’il est le seul à avoir proposé à toutes les formations politiques au sein de l’université une charte appelant au rejet de la violence.

Les assaillants avaient attaqué des étudiants qui venaient de sortir de leurs examens. Il n’y avait donc pas d’affrontements.

Le deuxième mensonge est propagé par le ministère de l’enseignement supérieur de l’Etat marocain. Dans un communiqué non daté diffusé sur sa page Facebook, il affirme que Omar Khaleq n’était pas inscrit à l’université et n’était pas étudiant, alors qu’un communiqué de l’université de Marrakech, où la victime poursuivait ses études, confirme que l’étudiant est bien inscrit à l’université. Dans ce même communiqué, le ministère menace les étudiants impliqués dans des violences d’exclusion et de privation de bourses.

Cette thèse officielle a été également propagée par des médias marocains. Certains sont même allés trop loin. Pour eux, la victime, Omar Khaleq, travaille dans une entreprise de sécurité et n’était pas étudiant.

Manipulation

Jeudi, le jour de la mort de Omar Khaleq, la deuxième chaîne de télévision marocaine 2M a diffusé un reportage sur l’assassinat. La chaîne a manipulé les faits présentant la victime en premier lieu comme « défenseur de la marocanité du Sahara » et par la suite comme un « grand défenseur de la cause amazighe ». La chaîne a diffusé une série de témoignages d’étudiants pour approuver sa thèse. 2M a ainsi utilisé le meurtre pour manipuler l’opinion. En axant sur le Polisario, la chaîne tend à faire oublier aux téléspectateurs que la victime est d’abord un militant du Mouvement amazigh et s’il a été tué c’est par ce qu’il défend avec acharnement son amazighité et non la « marocanité du Sahara ». Sinon, pourquoi la chaîne a oublié les quatre autres militants également visés par les assaillants. Pourquoi 2M ne leur a pas donné la parole puisqu’ils sont hospitalisés et blessés parce qu’ils défendent la prétendue « cause nationale » du Sahara.

Les raisons de l’attaque

D’après des étudiants membres du Mouvement amazigh contactés sur place, les raisons de l’attaque sont claires. Quelques jours avant ce meurtre, le Mouvement amazigh a animé une activité à la cité universitaire de Marrakech pour exiger que des étudiants originaires de provinces lointaines et pauvres puissent bénéficier d’aides similaires à celles dont profitent les étudiants originaires du Sahara occidental. Ces derniers ont le droit de se déplacer par train ou pas bus gratuitement, bénéficient de bourses, d’aides financières et d’un droit d’inscription au master et au doctorat sans subir d’examens. Ces avantages ont été mis en place par la monarchie pour corrompre les habitants de ces régions et les amener à défendre les thèses marocaines sur la Sahara occidental.
La plupart des membres du Mouvement amazigh à Marrakech sont originaires de la région de Dra-Tafilalet. Ils exigent de bénéficier, eux aussi, de droits comme les avantages sur les tarifs des transports et l’accès aux cités universitaires, ce que les autorités leur refusent parce qu’ils ne sont pas « sahraouis ».

Le communiqué honteux du ministère

Le communiqué du ministère

Pour rappel, le mouvement estudiantin amazigh organise chaque année des manifestations à Tinghir pour exiger plus de bourses et d’aides aux étudiants.

Pressions

Juste après la mort de Omar Khaleq, les autorités ont exercé des pressions sur sa famille pour l’enterrer la nuit-même au le lendemain au lever du jour. Le but étant d’empêcher que des milliers de personnes prennent part à ses funérailles. Malgré ces pressions, des milliers de militants sont arrivés à Ikniwen le vendredi matin pour assister à l’enterrement. Le même jour, des manifestations ont été organisées dans plusieurs villes de la région et dans plusieurs universités. Des appels à manifester devant le parlement marocain à Rabat ont été lancés.

Ces pressions sont courantes. Après la mort de Mbark Oularbi, leader du groupe Saghru Band, les autorités d’Imtghren avaient également exercé des pressions similaires sur sa famille, empêchant des dizaines de personnes venues de loin d’assister à son enterrement.

« Justice »

D’après des médias marocains, au moins onze personnes, tous des étudiants sahraouis, ont été arrêtées et poursuivies pour meurtre avec préméditation. Le tribunal de Marrakech a refusé de les poursuivre en état de liberté vu la gravité des faits qui leur sont reprochés. Ceci dit, e Mouvement amazigh doit être très vigilant et ne pas faire confiance aux tribunaux marocains. Il ne doit pas avoir la mémoire courte. On se rappelle tous comment les autorités marocaines ont manipulé, en 2007, des étudiants arabistes, allant jusqu’à leur verser de l’argent, pour attaquer des étudiants amazighs dans plusieurs universités, notamment à Imtghren et à Meknès, et comment plusieurs dizaines de militants amazighs avaient été blessés grièvement, arrêtés et condamnés à de lourdes peines de prisons. Suite à de faux témoignages et à des preuves fabriquées de toutes pièces, deux de ces militants Mustapha Ousaya et Hamid Ouadouch, croupissent toujours dans la prison de Toulal à Meknès pour des meurtres qu’ils n’ont jamais commis.

Le tribunal de Marrakech pourra libérer les criminels qui ont tué Omar Khaleq dès que l’agitation et la colère provoquées par cet assassinat s’estompe, ou encore les condamner à des peines très légères et symboliques. Tout est possible dans la monarchie de Mohammed VI où l’injustice est monnaie courante.

Etrange coïncidence

Alors que des étudiants arabistes attaquent des étudiants amazighs à Marrakech, l’administration de la prison de Toulal à Meknès informe Mustapha Ousaya qu’il a été gracié et qu’il sera libéré le 20 mai prochain, alors que son codétenu, Hamid Ouadouch, n’a pas bénéficié de cette mesure. Les deux détenus, qui étaient condamnées en 2007 à dix ans de prison chacun, convaincus de leur innocence, avaient toujours refusé de solliciter la grâce royale.

Vigilance

Il n’est pas exclu que la police de la monarchie procède à l’arrestation de militants amazighs suite au meurtre de Omar Khaleq. Le Mouvement amazigh doit redoubler de vigilance et tirer les leçons des précédentes attaques menées contre ses membres. Il est également temps que le Mouvement amazigh universitaire unisse ses forces, se structure et s’organise pour faire face aux forces ennemies qui aspirent à le provoquer afin de l’attirer vers la violence.

A. Azergui

L’humiliation au delà de la mort !

Au moins trente-six victimes, plus de cent-cinquante maisons détruites, plusieurs dizaines de routes et de ponts récemment construits éventrés. Et surtout, une colère noire et sourde contre la monarchie. C’est le bilan des inondations provoquées par les pluies diluviennes qui s’abattent depuis deux semaines sur plusieurs régions du sud de Tamazgha Occidentale. mortsRégions «inutiles »

Ces inondations ont révélé le vrai visage de l’Etat marocain : hideux et misérable. D’abord par la faiblesse de ses infrastructures dans les régions du sud et du Sud-Est, et puis par l’impuissance de ses pompiers, de ses militaires et de ses institutions qui ne se soucient de rien et de personne. Rien n’a été fait pour sauver de pauvres femmes et hommes que la crue trainait vers la mort devant les yeux impuissants de leurs proches. Les différents services de l’Etat ont brillé partout par leur absence ou presque. Normal ! Cette partie du pays est inutile. Elle n’a droit à rien. Ni aux autoroutes, ni au réseau ferroviaire, ni aux hôpitaux, ni aux universités, ni aux écoles. L’axe Casablanca – Kénitra – Tanger a raflé tous les grands projets de développement, alors que les autres régions vivent dans une misère noire. Le Sud ne subit que la colère de la monarchie et les aléas de la nature inhospitalière alors que ses richesses minières sont pillées au quotidien par des entreprises qui ne rendent compte à personne. Imider en est témoin.

Mépris

Il suffit de voir ces images de morts transportés sur des branches d’arbres et entassés par la suite dans un camion poubelle de la Mairie pour se rendre compte que la vie ne vaut pas un clou dans ces régions. Les vivants comme les morts n’ont aucun droit. On a vu des hommes se jeter dans la gueule de la crue pour sauver des victimes par ce qu’ils savaient qu’aucun pompier ne volera à leur secours. Personne ne se soucie d’eux. Morts ou vivants. Ils le savent depuis des décennies.

Il suffit de voir aussi ces images de pompiers et de militaires, mobiliser de gros moyens, dont des hélicoptères et des bulldozers, pour sauver des touristes européens victimes de ces mêmes inondations pour se rendre compte que la vie d’un Amazigh ne vaut rien. Mercredi 26 novembre, deux touristes, une polonaise et un espagnol, bloqués par la crue à Zagoura, ont été secourus, selon des médias marocains, par hélicoptère alors que des habitants bloqués avec eux ont été abandonnés sur place.

Toute la  région souffre dans l’indifférence et fait face à une catastrophe de grande ampleur. Les autorités ne bougent pas le petit doigt. Les habitants n’ont pas la chance d’être des palestiniens.
Pendant ce temps…

Alors que des régions entières sont en alerte maximale à cause de ces inondations et que des habitants coupés du monde, notamment dans les Atlas, ne trouvent pas de quoi se nourrir, la monarchie marocaine ferme les yeux et refuse de déclarer l’état de catastrophe naturelle dans les régions sinistrées dans le but d’empêcher ces régions de bénéficier d’indemnisations et d’aides conséquentes. Le gouvernement marocain regarde ailleurs. Il se permet d’envoyer deux avions remplis de dons royaux, notamment de denrées alimentaires et médicales, au Liberia.

Autre provocation. Le PJD, le parti islamiste au gouvernement, se permet d’organiser ce samedi 29 novembre un meeting de soutien aux Palestiniens dans la ville de Bouyzakaren, l’une des villes sinistrées.

Plus kafkaïen encore, au moment de ces entorses aux droits des habitants, un forum international des droits humains se tient à Marrakech. On y vantera certainement les « avancées enregistrées » par la monarchie alaouite dans le domaine des droits de l’Homme.

Deuil national !

Dans une démocratie, des têtes seraient déjà tombées. Chez nous, elles seront couronnées. Des médailles leur seront offertes. Trente-six morts ! Trente-six victimes de politiques étatiques désastreuses, ségrégationnistes et racistes. Un Etat qui se respecte, aurait déjà déclaré un deuil national. Mais non. Pourquoi se presser ? Le Berbère, ce sous-homme dominé, colonisé et méprisé, ne vaut rien et ne mérite rien si ce n’est l’humiliation et la mort !

Réaction ridicule. Le palais royal a promis la prise en charge de l’enterrement des victimes de ces inondations. Pas plus. Le palais ne fait en réalité qu’enterrer des habitants que ses politiques ont permis d’achever.

A. Azergui

Sud-Est

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