Qui est derrière l’assassinat de Omar Khaleq ?

L’assassinat du militant amazigh Omar Khaleq à Marrakech a suscité une vague de colère à Tamazgha Occidentale où plusieurs manifestations ont eu lieu. La récupération de cet assassinat par la monarchie marocaine qui a réussi jusqu’à maintenant à canaliser la colère des Imazighen contre le Polisario accusé d’implication dans le meurtre, commence à s’effriter à cause de ses multiples incohérences.

Omar Izem, un militant amazigh assassiné à Marrakech

Omar Izem, un militant amazigh assassiné à Marrakech

Un meurtre commis sous le regard de la police.

Le 23 janvier 2016, un groupe d’étudiants arabistes sahraouis, armés de sabres et de haches ont attaqué cinq étudiants, militants du Mouvement amazigh, près d’une faculté à Marrakech, leur provoquant de graves blessures. Parmi les blessés figure Omar Khaleq. Cet étudiant, qui a reçu plusieurs coups donnés par des haches et des sabres, a succombé à ses blessures le 28 janvier. La victime a été inhumée le 29 janvier dans son village natal. Plusieurs milliers de personnes ont assisté à ses funérailles.
Dans un communiqué daté du 29 janvier, le Mouvement amazigh estudiantin à Marrakech détaille les contours de cet assassinat. L’attaque qui a coûté la vie à Omar Khaleq a été perpétrée « en public et devant les forces de police, sans que ces dernières n’interviennent« . Le mouvement affirme aussi que la police a arrêté les victimes de l’attaque alors qu’elles étaient hospitalisées. Les militants ont été soumis à des interrogatoires poussés au commissariat. Le Mouvement accuse les forces de police de « complicité » dans cette attaque.
Il rappelle que plusieurs de ses militants avaient déjà été victimes le 23 décembre 2015 d’une attaque similaire menée par des « étudiants sahraouis » à la cité universitaire de la même ville. Le 24 décembre, plusieurs de ses militants ont été également visés à l’intérieur de la faculté des lettres par une horde d’individus cagoulés. Au moins quinze militants ont été blessés lors de ces attaques.

Silence, on manipule !

La machine de la manipulation a été enclenchée dès l’annonce de la mort de Omar Khaleq. Les médias officiels et des sites de propagande ont relaté la même information, à savoir qu’un étudiant amazigh a été tué par « le Polisario » lors d’affrontements à Marrakech. Le but de cette propagande officielle est de canaliser la colère suscitée par l’assassinat et faire oublier l’essentiel, c’est à dire les raisons profondes du crime dont ce militant a été victime, mais aussi la répression que subit le peuple amazigh colonisé. Le coupable a été vite désigné. En montrant du doigt le Polisario, jeté à la vindicte populaire, l’Etat désengage sa responsabilité de ce crime. Le 28 janvier, la chaîne marocaine 2M diffuse un reportage accusant directement le Polisario et affirmant que Omar Khaleq a été tué pour la « marocanité du Sahara ». La chaîne a diffusé les témoignages de plusieurs militants amazighs qui semblent soutenir cette thèse. Certains d’entre eux, manipulés par la chaîne, ont dénoncé le détournement de leurs propos. Khadija Tafoukt, qui figure parmi les militants interviewés s’insurge, dans un communiqué rendu public le 29 janvier, contre cette manipulation. Elle accuse la chaîne d’avoir « détourné ses propos pour servir l’idéologie étatique ». Elle explique que 2M a « exploité la mort de Omar Khaleq pour diffuser ses thèses politiques ». Cette militante précise dans son communiqué qu’elle a accusé, dans son témoignage, « l’Etat, la police et le gouvernement » d’implication dans cet assassinat. Bien sûr, ces déclarations n’ont jamais été diffusées à l’antenne.

La gestion de cette affaire par le bureau de 2M à Marrakech est très révélatrice. Si ces militants qui défendent selon elle « la marocanité du Sahara » ont été attaqués cinq jours auparavant et blessés grièvement par des militants du « Polisario », « l’ennemi de l’unité nationale », en plein Marrakech, alors pourquoi la chaîne a-t-elle passé cette information aussi sensible sous silence ? Pourquoi, elle ne s’en est « souvenue » que seulement lors de l’annonce de la mort de Omar Khaleq, si ce n’est pour manipuler et désinformer, ce qui est d’ailleurs le propre de cette chaîne makhzénienne ?

Un bon berbère est un berbère mort.

Cet assassinat a également montré au grand jour le mépris profond de tout ce qui est amazigh par les autorités marocaines. Les déclarations mensongères et mesquines de « responsables politiques », de ministres et de « personnalités » semblent n’avoir qu’un seul but ; celui de détourner l’affaire de l’assassinat et en faire une occasion pour « réaffirmer la marocanité du Sahara » et montrer « le vrai le visage du Polisario ». Malheureusement, le Mouvement amazigh s’est transformé en caisse de résonnance de la propagande de la monarchie. Il semble même y trouver son compte. Imazighen manifestent et investissent la rue, non pas pour réclamer leurs droits toujours bafoués et dénoncer la colonisation arabo-islamiste qu’ils subissent, mais pour soutenir les thèses officielles, celles de cette même monarchie qui les méprise, les tue et les traite comme des sous-hommes.

Dimanche 31 janvier, à l’occasion d’un sit-in tenu devant le parlement marocain, des manifestants amazighs accusaient le gouvernement de « couvrir » les dépassements des Sahraouis au sein des universités. Au cours de cette manifestation, un drapeau du Polisario a été brûlé. Un autre drapeau de cette organisation avait été auparavant brûlé lors des funérailles de Omar Khaleq à Ikniwen dans la région de Tinghir.

Soumission totale.

C’est dans ce contexte qu’un communiqué insipide signé par trente-et-une associations dites « amazighes » et quarante « experts, activistes et personnalités », amazighs, est également diffusé. Il réconforte la monarchie dans ses positions. Ce document réaffirme que l’assassinat d’Omar Khaleq est « politique » et que ce militant a été tué pour « la cause amazighe et aussi pour la marocanité du Sahara qui fait partie de l’identité marocaine ». Ce qui rend ce communiqué intéressant est la définition qu’il fait de cette « identité marocaine ». Le document reprend la même définition imposée par la monarchie marocaine (amazighe, arabe et hassani etc.), et explique que « cette identité ne peut pas être cloisonnée dans une seule et prétendue dimension ».

Mépris.

Lahcen Daoudi, le ministre islamiste de l’enseignement supérieur, a annoncé lors d’une intervention au parlement marocain que Omar Khaleq n’était pas un étudiant universitaire inscrit, donc ne méritant pas tout « le bruit » provoqué par son assassinat.

Pour rappel, ce ministère avait expliqué dans un communiqué non daté diffusé sur sa page Facebook, que Omar Khaleq n’était pas étudiant, alors qu’un communiqué de l’université de Marrakech, où la victime poursuivait ses études, confirme que l’étudiant est bien inscrit à l’université. Dans ce même communiqué, le ministère menace les étudiants impliqués dans des violences d’exclusion et de privation de bourses.

Par ailleurs, les partis politiques, les syndicats, les associations financés par la monarchie, qui nous ont habitué à de grandes manifestations et à des discours belliqueux chaque fois que « l’ennemi » frappe et que « l’unité du pays » est menacée, sont demeurés étrangement muets. Personne n’a appelé à défiler pour la « marocanité du Sahara ». Aucun n’a dénoncé le crime ou appelé à soutenir la famille de la victime. Pourquoi, ont-ils choisi le silence maintenant si le Polisario était vraiment impliqué ? Attendent-ils des instructions du palais royal pour réagir où ont-ils compris qu’Imazighen sont manipulés ? Peut-être aussi que la vie d’un Amazigh ne vaut rien pour eux, tout simplement. Et c’est le cas.

La main d’Israël.

Etrange aussi est cette réaction d’une organisation égyptienne des droits de l’Homme qui accuse Israël d’implication dans l’affaire de Omar Khaleq. Le Centre justice et développement des droits de l’Homme, basé au Caire, a appelé, dans un communiqué daté du 3 février, le gouvernement marocain à agir vite contre la propagation des « flammes » dans les autres établissements universitaires du pays. Le Centre a mis en garde contre « la déstabilisation du royaume » à cause de la haine entre Arabes et Amazighs. Il écrit que « des étudiants amazighs suivent des stages de formation aux actes de militantisme dans les universités de Tel-Aviv […]. Des organisations israéliennes en Europe accueillent un nombre important d’activistes amazighs« . Ce Centre explique que l’Etat hébreu adopte la même politique avec les Kurdes.

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Les « Etudiants sahraouis » condamnent.

En réaction à la propagande officielle, les « Etudiants sahraouis », appelés également les « Frontistes » (liés au Polisario) ont condamné l’assassinat d’Omar Khaleq dans un communiqué. Ils expliquent qu’ils combattent le « régime et non le peuple marocain ». Les étudiants sahraouis affirment également que le Polisario est « innocent » et que les étudiants originaires du Sahara occidental, impliqués dans le meurtre sont manipulés, pas seulement par l’extrême gauche arabiste, raciste et anti-amazighe, mais aussi par les autorités marocaines. Ils ont rappelé qu’ils ont signé une charte appelant au rejet de la violence dans les universités qui avait été proposée par le Mouvement amazigh.

Le groupe a toutefois montré du doigt un groupuscule politique d’étudiants sahraouis appelé « Courant national » qu’il qualifie de « criminel ». Ce courant, créé en 2013 à l’université d’Agadir, est lié idéologiquement à l’organisation des « Etudiants Basistes Progressistes », un courant qui se veut « marxiste-léniniste » présent dans les universités marocaines et réputé pour son idéologie arabiste, son extrémisme et aussi pour sa violence. Ce courant qui s’oppose à la signature de toute charte rejetant la violence avec les étudiants amazighs, a réussi à infiltrer les étudiants sahraouis et à les utiliser pour attaquer des étudiants amazighs.

D’ailleurs ces étudiants basistes ont exprimé dans un communiqué leur soutien aux étudiants sahraouis impliqués dans le meurtre de Omar Khaleq, qualifiant les étudiants amazighs de « racistes » et de « chauvins ». Ils ont également adopté la même position que le pouvoir, en affirmant que Omar Khaleq n’était pas étudiant.

Le Polisario a également réagi à ce meurtre. Dans un discours télévisé, daté du lundi 8 février, le président de l’organisation a condamné le meurtre de Omar Khaleq, expliquant que cet assassinat, commandé par le Makhzen (régime marocain), vise à opposer les Sahraouis aux Amazighs. Il accuse le régime marocain « raciste » d’encourager les attaques contre les Sahraouis afin de les isoler et aussi d’ »adopter une politique d’apartheid envers les Amazighs ». Fin communicateur, le Polisario s’est illustré dans cette affaire. Il a, tout compte fait, mieux communiqué que la monarchie.

Mais alors, qui a tué Omar Khaleq ?

Tableau de Feu Muhend Saïdi Amezian

Tableau de Feu Muhend Saïdi Amezian

La manipulation par la monarchie de l’affaire de l’assassinat de Omar Khaleq est évidente à plus d’un titre. Comment expliquer la passivité des forces de police qui ont laissé faire les assassins, la propagande honteuse de 2M et des médias officiels et aussi le silence des autorités et des formations politiques d’habitude « soucieuses » de « l’unité du pays » ? Que cherche-t-on à cacher au juste ? La monarchie est-elle impliquée dans cet assassinat politique ? Il est impossible de répondre à toutes ces questions en l’absence d’une enquête indépendante. Mais, connaissant la situation de « la justice » au Maroc, aucune enquête indépendante ne sera possible. Pour le moment, douze personnes ont été arrêtées et accusées d’implication dans cet assassinat, mais la vigilance s’impose. Ils pourraient être libérés ou condamnés à des peines très légères dès que le bruit accompagnant cette affaire s’estompe.

Le Mouvement amazigh s’est également illustré par sa faiblesse dans cette affaire. Il a prouvé une nouvelle fois qu’il est une proie facile à manipuler. Certains de ses porte-paroles n’ont pas hésité de s’abreuver les thèses de la monarchie et à adopter ses positions les plus ridicules. Des manifestations et des rassemblements sont toujours organisés dans plusieurs villes et villages du pays en réaction à l’assassinat de Omar Khaleq, mais les médias officiels font comme si de rien n’était. Il est temps de maintenir cette pression sur les autorités et de sortir des cadres que celles-ci imposent aux manifestants.

L’assassinat de Omar Khaleq sera peut être le début d’un véritable « printemps amazigh » à Tamazgha occidentale si le Mouvement amazigh arrive à se libérer de la tutelle des autorités et de certains de ses cadres corrompus et prêts à tout faire pour prouver leur loyauté à la monarchie et leur disponibilité à la servir.

A. Azergui.

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Assassinat d’un militant du Mouvement amazigh à Marrakech : Barbarie, mensonges et manipulations

MAROC : Un enfant amazigh dépossédé de son prénom !

Cette nouvelle affaire révèle le racisme anti-amazigh et le mépris de l’Etat marocain dans toute sa splendeur. Imaginez cette situation :  un enfant est né le 17 novembre 2004 à Boulmane dans le Moyen Atlas. Ses parents l’appellent Ayyur. C’est leur droit le plus élémentaire. L’officier de l’état civil l’inscrit sur les registres de l’Etat civil. Jusqu’ici tout va bien, mais un beau jour, l’enfant est dépossédé officiellement de son prénom. Il a été effacé tout simplement et de nouveaux actes de naissance sont délivrés à la famille, avec à la place du prénom, un matricule. Un numéro. L’enfant n’a plus d’existence. D’identité. Il est prisonnier de l’absurdité des officiels.Ayyur1 Ayyur2

Cette affaire kafkaïenne se déroule dans un pays où la monarchie a fait de la langue amazighe une langue officielle depuis 2011, et où Mohammed VI en personne a « entouré l’amazighité de sa haute sollicitude ». Enfin, c’est ce que les médias officiels et l’Ircam nous répètent à longueur de discours, d’émissions télé et d’articles. Un attrape-gogo. La réalité est malheureusement amère. Dans ce pays, les Imazighen sont traités comme des sous hommes, leurs droits violés, malmenés et combattus. Le cas d’Ayyur n’est pas isolé.

Au « plus beau pays au monde », plusieurs enfants sont toujours privés de porter des prénoms amazighs. Ces derniers peuvent être refusés pour n’importe quelle raison et par n’importe quel officier de l’Etat civil zélé ou amazighophobe, sans craindre de représailles ou de poursuites judiciaires. Normal, le Maroc est loin d’être une démocratie.

Les autorités marocaines ont annoncé à plusieurs reprises que les prénoms amazighs sont autorisés, mais en réalité, l’interdiction est la règle. L’amazighophobie a la peau très dure. Le cas d’Ayyur vient le prouver une nouvelle fois.

L. Azergui

La question amazighe au Maroc ou le retour au point zéro

Le 23 Septembre 2014 restera dans la mémoire des Imazighen comme le clairon qui a sonné la fin d’une illusion, celle de la volonté de la caste au pouvoir à résoudre la question amazighe conformément aux revendications légitimes du Mouvement Amazigh, entendues par le Roi depuis le discours d’Ajdir en 2001.alphDans un lieu déjà hautement symbolique de la discrimination et du racisme arabo-islamiste de la caste dominante à l’égard de l’amazighité, en l’occurrence les locaux de l’agence MAP, le Ministre de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle, un technocrate qui n’a pas l’habitude des mensonges et de l’hypocrisie des politiciens, affirme officiellement lors d’une conférence de presse consacrée à la rentrée scolaire que :

C’est la douche froide pour celles et ceux qui croyaient encore la veille, que la question amazighe, dans au moins son volet scolaire, connaissait le chemin d’une solution consensuelle qui met le pays à l’abri de l’insécurité civile que connaît le « monde arabe ». Que signifie une telle affirmation venant d’un ministre qui a la charge d’appliquer la politique éducative du Gouvernement, dans un secteur clé qui conditionne toute volonté politique de changement des mentalités et des comportements des futurs citoyens à l’égard du constituant fondamental de l’identité du Maroc ?

La vérité est que la majorité des composantes du Mouvement Amazigh et des observateurs avaient déjà compris depuis des années que la caste au pouvoir n’avait aucune volonté politique d’aller de l’avant sur la voie tracée par le discours d’Ajdir en 2001. Ce constat avait déjà conduit sept membres du Conseil d’Administration de l’IRCAM(l’Institut Royal de la Culture Amazghe) à démissionner pour protester contre le blocage de toutes les décisions du Conseil qui visaient à traduire dans les faits, les décisions du Roi. En effet, la fronde contre ces décisions s’était exprimée publiquement et à plusieurs reprises au sein même des caciques du palais royal et de la classe politique : Mrini, Abbas Elfassi, Benkirane en tête. Cette fronde s’était encore exprimée sans voile lors du débat sur le projet de la constitution en 2011. Pour rappel, dans son discours de Mars, juste quelques mois avant le référendum constitutionnel, le Roi avait parlé de l’amazighité comme « socle de l’identité marocaine, et de deux langues officielles pour l’Etat : les langues amazighe et arabe ».buxus

Tollé et levée de boucliers contre une éventuelle égalité devant la loi suprême du pays entre « chalha » et la langue arabe: l’Istiqlal et le PJD, la quatrième colonne du baâthisme arabe et de l’islamisme qatari et saoudien montent au créneau et, en trois jours seulement, ils torpillent les travaux de la Commission Manouni, imposent une constitution baclée qui fait du Maroc un pays avec une identité bâtarde, sous prétexte de la diversité culturelle. Ainsi, l’identité amazighe du Maroc est noyée dans les apports idéologiques exogènes insignifiants, au détriment des données réelles, géographiques, historiques et anthropologiques du Nord de l’Afrique. Les ennemis de l’amazighité, à défaut d’interdire l’officialisation de la langue amazighe, soumettent alors cette dernière à des conditions qui annulent dans les faits tous les droits que confère l’officialisation constitutionnelle à toute langue de part le monde.

Autrement dit, la langue amazighe sans les lois organiques n’est pas officielle. C’est ce que vient de rappeler le Ministre de l’Education à tout le monde, et on devrait le remercier pour cette clarification au lieu de le blâmer. En effet, on ne peut pas enseigner comme il se doit une langue sans statut juridique. Et la langue amazighe n’a pas encore de statut juridique. Elle ne peut donc être enseignée qu’à titre expérimental et non à titre d’une langue obligatoire, avec son propre budget, ses programmes, le statut officiel de ses enseignants et inspecteurs…

Oui, on devrait remercier ce ministre pour sa franchise et sa sincérité, car tout changement commence par des mots, mais des mots qui sonnent la vérité. Et cette vérité, elle s’adresse d’abord au Mouvement Amazigh. Elle interpelle les dirigeants de ces centaines d’associations et ces milliers de militants qui pullulent sur les réseaux sociaux… mais qui continuent encore à croire que les mots suffisent à changer la réalité, à subir la malédiction séculaire des imazighen : les divisions pour diverses raisons mesquines, à continuer le combat en l’absence d’une stratégie et d’une organisation politique qui imposerait l’amazighité comme un projet de société démocratique et réellement citoyen, en opposition au projet apartheidiste arabo-islamiste qui prépare le terrain depuis des décennies déjà, à un Etat daîchien sur la terre des imazighen.

Mais imazighen méritent-ils encore de se nommer « les hommes libres » ? La balle est depuis longtemps dans le camp du Mouvement Amazigh. Il ne peut pas attendre que les ennemis de l’amazighité, omniprésents dans tous les rouages des institutions de l’Etat, fassent aboutir la revendication amazighe à sa place.

Par : Ali Khadaoui