Le Rif entre en désobéissance

Le Rif a besoin de liberté après un demi siècles de souffrance, de répression et de marginalisation. Ses enfants le savent et le font savoir. Ils sont conscients qu’ils ne peuvent pas être libres alors qu’ils sont sous la botte de la monarchie alaouite qui a jeté dans ses geôles les meilleurs parmi ses enfants. Alors, ils s’en prennent aux symboles de la monarchie installée par la France sur les territoires historiques de la République du Rif (1921-1926). Entrés en désobéissance, ils boycottent les banques marocaines les poussant à fermer leurs portes au nord du pays et en Europe. Ils demandent à être déchus de la nationalité marocaine qui ne les protège pas. Ils plaident aussi leur cause auprès des instances internationales et des gouvernements de pays européens.

Tensions entre le Maroc et les Pays Bas à cause du Rif

Alors que la France observe un silence terrible sur ce qui se passe dans le Rif, les Pays Bas choisissent d’interpeller les autorités marocaines sur le sort des prisonniers politiques rifains, surtout de ceux qui portent sa nationalité. Ce pays ne cesse de critiquer la violation flagrante des droits humains dans le Rif. Les relations entre les deux pays sont très tendues depuis le déclenchement de la révolte rifaine. A cause du Rif, rien ne va plus entre les deux pays.

Jeudi 5 décembre, l’ambassadeur de la monarchie marocaine aux Pays-Bas, Abdelwahab El Bellouki, a annulé une réunion avec la secrétaire d’Etat des Pays-Bas à la Justice et la Sécurité, Ankie Broekers-Knol, qui voulait discuter avec l’ambassadeur la question du rapatriement des ressortissants rifains dont les demandes d’asile aux Pays-Bas ont été rejetées. La monarchie marocaine ne souhaite pas récupérer ces ressortissants qui ont fui le Rif à cause de la répression politique. Des sources ont déclaré au radiodiffuseur NOS que le Maroc voulait étendre l’agenda à d’autres questions, telles que l’emploi et un traité commercial, mais que la ministre s’y opposait.

Le 21 novembre, un media hollandais a rapporté que la ministre Ankie Broekers-Knol n’est pas la bienvenue à Rabat. La ministre a révélé que le refus « lui a été communiqué par voie diplomatique« , reconnaissant que « les contacts avec le Maroc sont problématiques » depuis quelques années.

La monarchie marocaine n’apprécie point les prises de position du chef de la diplomatie des Pays-Bas soutenant ouvertement le mouvement de contestation dans le Rif. Le ministre marocain des affaires étrangère avait exprimé son « rejet catégorique des propos, des actions et des interférences des Pays-Bas au sujet des événements dans le Rif » lors de la réunion tenue le 28 septembre 2018 à New York avec son homologue néerlandais. Par ailleurs, la contestation au Rif a été à l’origine de la convocation, à deux reprises en juin et septembre 2018, de l’ambassadeur des Pays-Bas à Rabat.

Rappelons que des dizaines de militants de la cause rifaine qui craignent d’être arrêtés ont demandé l’asile politique aux Pays-Bas et en Espagne.

Le fardeau de la nationalité marocaine

C’est dans le sillage de ces tensions diplomatiques que douze militants berbères originaires du Rif, résidant aux Pays-Bas et ayant acquis nationalité néerlandaise, ont rendu public récemment un manifeste, daté du 23 septembre, par lequel ils expriment leur souhait de pouvoir se débarrasser de la nationalité marocaine. Dans ce document envoyé aux groupes parlementaires néerlandais, ils accusent le Maroc de tenter de les recruter et de les corrompre.

Dans ce manifeste, les douze signataires expliquent que « depuis les années 1970, le Maroc a créé toute une gamme d’institutions gouvernementales pour espionner, intimider, séduire, recruter et corrompre les Marocains aux Pays-Bas« . Ils affirment que « la nationalité marocaine signifie une vie de peur, d’incertitude, de méfiance« . Les auteurs indiquent aussi qu’ils ne peuvent pas s’exprimer sur la situation au Maroc étant « étroitement surveillés par les services de renseignements marocains« .

Muhand Abttoy, l’un des signataires de ce document a déclaré à notre site que le but de ce document est de dire à la monarchie marocaine qu’ils « refusent d’être considérés comme ses sujets et qu’ils sont des hommes libres. »

Rabat fait tout pour empêcher les Européens nés de parents marocains de s’intégrer dans leurs pays d’accueil qu’ils ont adoptés. Rabat ne cesse d’envoyer des imams et des instituteurs (notamment de langue arabe) pour surveiller et surtout espionner ces citoyens qui ont choisi d’être européens. Le Maroc ne cesse, par exemple, de financer des mosquées et de diffuser le malékisme en Europe. Le malékisme est l’un des quatre rites juridico-religieux de l’islam orthodoxe. Il est aussi néfaste et dangereux que le wahabisme. Pourtant, le Maroc présente ce rite extrémiste et radical comme « modéré » et de nature à empêcher la « radicalisation » des jeunes dont les parents sont originaires du Maroc. En les islamisant, le Maroc s’assure leur contrôle et leur soumission au « commandeur des croyants » [1]. Ceci les éloigne des valeurs démocratiques et les place à la marge des sociétés occidentales. Cette ingérence marocaine est très néfaste dans le sens qu’elle corrompe tous les efforts entrepris pour intégrer ces populations.

Le 24 août 2019, Nasser Zefzafi, leader du mouvement de contestation rifain, a demandé à être déchu de sa nationalité marocaine au même titre que cinq autres militants détenus : Nabil Ahamjik, Ouassim El Boustati, Samir Ighid, Mohamed El Haki et Zakaria Adechour. C’est à travers un live Facebook, massivement relayé sur les réseaux sociaux, que l’annonce avait été faite.

D’après Ahmed Zefzafi, père de Nasser, qui a lu le communiqué attribuée à son fils, les six hommes ont adressé leur demande au ministre de la justice et au procureur général du roi près la Cour de cassation, pour dénoncer « l’instrumentalisation de la justice« , qui a selon eux « rejeté les preuves de leur innocence« . Ils expliquent avoir subi des tortures pendant leurs interrogatoires. Une décision qu’ils justifient par la tournure qu’a pris « leur cause et leur situation qui s’inscrit dans le prolongement de la relation historique qu’entretient l’État marocain avec la région du Rif, basée sur l’exclusion, la répression, le mépris, et toutes les formes de persécution politique, culturelle, sociale, économique et psychologique« . Les signataires appellent « la communauté internationale, ses instances et ses institutions » pour « assurer le suivi de leur dossier à partir de la date de parution de ce document« .

Drapeau alaouite brûlé à Paris

Le 26 octobre 2019, le drapeau marocain a été incendié et piétiné lors d’un rassemblement organisé à Paris par des indépendantistes rifains en hommage à Mohcine Fikri, assassiné de manière barbare en 2016 à Biya, dans le Rif. Il a été broyé dans un camion-benne. Les manifestants ont réclamé l’indépendance du Rif du colonialisme alaouite, brandissant des drapeaux de la République du Rif, fondée par Mohamed ben Abdelkrim el-Khattabi dans les années 1920 contre l’occupation espagnole.

L’atteinte à la bannière de la monarchie marocaine a suscité l’indignation des medias officiels, des parlementaires et d’officiels. Mercredi 30 octobre, l’ambassade du Maroc à Bruxelles a organisé, à travers ses relais, une manifestation pour dénoncer « l’acte de certains séparatistes rifains« . Des centaines de sujets du monarque ont pris part à cette manifestation. Le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (dont les membres sont désignés par Mohamed VI) a réagi dans un communiqué publié sur son site officiel, condamnant un acte « puéril » et « lâche ». Ces instances, pour rappel, avaient observé un silence de mort alors que la répression des manifestants rifains battait son plein. Elles étaient favorables aux actions de la monarchie contre le Rif.
Le Code pénal marocain punit de six mois jusqu’à trois ans de prison et de 10 000 à 100 000 dirhams d’amende « l’outrage à l’emblème et aux symboles du royaume« . Un emblème qui est en réalité une pure création française. Le drapeau dit « marocain » a été créé par le dahir du 17 novembre 1915. Ce texte précise qu’ »en raison des progrès réalisés par notre empire chérifien, en considération du renom éclatant qu’il s’est acquis et eu égard à la nécessité de lui constituer un emblème qui le distingue des autres nations, le drapeau adopté par nos ancêtres pouvant être confondu avec d’autres pavillons, en particulier avec ceux qui sont utilisés comme signaux de la marine« , il a été décidé de « distinguer notre drapeau en l’ornant au centre du sceau de Salomon à cinq branches de couleur verte« . Le dahir a été signé par le ministre plénipotentiaire, Délégué à la résidence générale de France à Rabat, Saint-Aulaire.
La propagande officielle nous apprenait, alors qu’on était écoliers, que la couleur rouge symbolisait le sang versé pour l’indépendance et que les cinq branches de l’étoile et leur couleur verte renvoient aux cinq piliers de l’islam. Mensonge. Brûler et piétiner un mensonge, n’est-il pas une forme de résistance face à l’aliénation et au mépris et le début d’une libération ?

Par ailleurs, le drapeau de la République du Rif, décidé par les Rifains eux même, est plus authentique que celui de la monarchie marocaine bâti sur un gros mensonge.

Le fossé s’élargit davantage entre le Rif et la monarchie.

Le rejet de la nationalité marocaine est la conséquence directe de la répression policière, culturelle, sociale, économique, politique et judiciaire qui s’est abattue sur le Rif au cours des trois dernières années. Cette répression a élargi davantage le fossé qui séparait déjà cette région frondeuse des autorités de Rabat depuis les tueries de 1958 perpétrées par l’armée marocaine dans le Rif. Plusieurs régions dans le Rif sont toujours classées zones militaires. Les forces vives de cette région sont obligées de fuir le pays pour l’Europe pour chercher asile et protection. D’autres mènent toujours une vie clandestine. Dans les geôles de la monarchie marocaine à Fès et à Casablanca, les leaders du mouvement rifain subissent des tortures inimaginables. D’un autre âge. Il leur est même interdit de parler rifain avec les membres de leurs familles.

Depuis le 1er novembre, trois détenus incarcérés à Fès sont entrés dans une grève de la faim pour dénoncer les tortures et les comportements dégradants qu’ils subissent.
N’est-il pas alors logique et naturel que ces rifains persécutés partout rejettent la nationalité de la monarchie marocaine ?

Aksil Azergui

 

La colère des Rifains donne des sueurs froides à la monarchie

Il semble qu’un vent de panique s’est emparé de la monarchie et de ses services. Pour réduire au silence les manifestations organisées quotidiennement dans les villes du Rif, elle a mis ses pions en ordre de bataille, actionné sa machine de propagande et usé de plusieurs artifices. Mais, sa communication infantilisante semble produire l’effet inverse. Elle est inaudible. Les manifestations contre l’arbitraire et le mépris se propagent dans tout le pays et se radicalisent. La peur semble changer de camp.

Les récentes manifestations pacifiques déclenchées dans plusieurs villes à Tamazgha occidentale suite au meurtre barbare de Mohsin Fikri, survenu le vendredi 29 octobre dernier à Biya (Houceima) inquiètent sérieusement la monarchie marocaine. Elles lui donnent des sueurs froides. Faute de pouvoir répondre aux revendications des manifestants, le Palais utilise ses pions, ses robots sur Twitter et ses relais pour crier au « complot », manipuler et désinformer. Pour la monarchie, le fait de manifester pour exiger la vérité sur le meurtre de Mohcin Fikri est « sédition » et « rébellion ».

Premier signe de panique. Juste après le drame et les premiers rassemblements de colère, trois ministres marocains se sont rendus à Biya pour rencontrer la famille du défunt, dans le but d’apaiser les tensions et promettre « l’ouverture d’une enquête ». Le gouvernement a oublié que le drame dépasse largement la famille du défunt. Il est le résultat de l’arbitraire de la monarchie et de ses relais. Le drame a choqué au-delà du Rif, ce qui explique la persistance des manifestations. Juste après, le chef du gouvernement marocain, l’islamiste Abdelilah Benkirane, a appelé les membres de son parti à rester en retrait et les « Marocains » à ne pas manifester, assurant que « les manifestations ne servent à rien. L’article 29 de la constitution marocaine autorise pourtant les manifestations publiques. Si le troupeau fidèle à Benkirane a choisi de ne pas manifester par lâcheté, les Imazighen continuent de le faire.

Le 1er novembre, la députée Khadija Ziyani de l’Union constitutionnelle, réagissant à une photographie montrant des manifestants arborer un drapeau espagnol à Biya, a traité sur Facebook les manifestants rifains de « racailles ». « Hassan II avait raison quand il avait taxé de ‘racailles’ les manifestants du nord (en 1984) », a-t-elle écrit. Sauf que la photographie a été retouchée grossièrement par Photoshop et le drapeau amazigh remplacé par un drapeau espagnol. Les propos de cette députée, ont suscité l’indignation générale. Elle sera exclue de son parti quelques jours après. De son côté, évoquant l’assassinat de Mohcine Fikri, le ministre marocain de l’intérieur s’est engagé à « punir les responsables de ce drame », estimant que « personne n’avait le droit de le punir ainsi » et qu’on « ne peut pas accepter que des responsables agissent dans la précipitation, sous la colère, ou dans des conditions qui ne respectent pas le droit des gens ». Le ministre a affirmé que les conclusions de l’enquête devraient être publiées assez vite, « c’est une question de jours », ajoutant que « L’État ne peut pas être considéré comme directement responsable de ce décès, mais l’État a la responsabilité d’établir les fautes et de sanctionner leurs auteurs ».


Sauf que l’Etat marocain, celui dont parle le ministre, est complice de tous les crimes commis contre les Rifains depuis 1956. Comment alors croire les promesses d’un tel Etat lorsque toutes les enquêtes promises depuis plusieurs années sur différents scandales et meurtres impliquant les autorités n’ont jamais abouti. Même les prêcheurs saoudiens haineux se sont mêlés de cette affaire. Abdul Rahman Ibn Abdul Aziz as-Sudais, l’imam en chef de la grande mosquée de la Mecque, a appelé les Marocains à ne pas manifester dans la rue et à ne pas céder à la « sédition » provoquée, selon lui, par les ennemis. Cette intervention est la preuve que la panique est générale. Les manifestations inquiètent même les wahhabites saoudiens. Autre signe de panique, l’activation par la monarchie d’une centaine de comptes automatiques sur Twitter pour relayer la propagande royale et les thèses officielles dans le but de faire face à la colère exprimée sur les réseaux sociaux. Ces « bots » qui ont fait leur apparition sur Twitter après le scandale de Daniel Gate (affaire d’un pédophile espagnol gracié par Mohamed VI) répètent des messages précis. Deux thèmes reviennent dans ces tweets, l’ouverture d’une enquête et la mise en garde contre la « sédition ».

Cette offensive n’a pas seulement touché Twitter, mais également l’application WhatsApp. Des centaines de personnes ont reçu des messages anonymes les appelant à ne pas participer aux manifestations, mettant en comparaison la stabilité du Maroc avec les chaos syrien et libyen. Cette idée a également trouvé son écho dans certains journaux makhzéniens largement subventionnés par la monarchie. Ces journaux accusent certaines parties, dont le Polisario et l’Algérie, d’être à l’origine de la mobilisation dans l’objectif de « déstabiliser le pays ».

Tous ces agissements hasardeux prouvent que la monarchie est sérieusement inquiétée par les manifestations pacifiques qui touchent plusieurs villes. Sa communication ne passe plus. Elle est inaudible et dépassée. Le mouvement amazigh, celui qui a choisi de manifester, de contester et de crier sa colère, a choisi d’investir la rue pour revendiquer ses droits.

Si la monarchie continue à paniquer elle n’hésitera pas à provoquer un nouveau bain du sang dans le Rif et ailleurs. La répression est son ADN. La vigilance doit être de mise.
Pour le moment, la monarchie fait la sourde oreille aux revendications des manifestants. Un fossé sépare les aspirations des Rifains et ceux de la monarchie depuis 1956 et risque de s’élargir davantage en cas de répression. Le monarque marocain qui s’est adressé « à son cher peuple » lundi 8 novembre depuis Dakar (à l’occasion du quarantième anniversaire de la Marche verte) a choisi le silence. Il n’a fait aucune allusion aux manifestations de colère qui prennent de l’ampleur.

A. Azergui

 

Lorsque la monarchie alaouite devient un modèle pour des berbères !

Le 28 octobre 2015, Ferhat Mehenni a rendu publique une déclaration pour adresser, « au nom de la Kabylie, ses remerciements au Royaume du Maroc, à son peuple et à leur tête Sa Majesté le Roi Mohammed VI », pour une prétendue déclaration faite par un diplomate marocain aux Nations unies, à New-York, au sujet de la Kabylie. Laquelle déclaration est, selon Ferhat Mehenni,  « courageuse et pleine de sagesse et de lucidité ». Il ne cache d’ailleurs pas sa satisfaction quant à cette initiative marocaine et affirme que « la solidarité que vient de témoigner le Maroc à l’égard du peuple kabyle est d’une grande profondeur et d’un poids historique inégalable pour l’avenir de la Kabylie ». Il appelle aussi les gouvernements de tous les pays à prendre exemple sur « la démarche marocaine » d’autant plus que des kabyles se prépareraient pour déposer, dans moins d’un an, une demande à l’ONU pour revendiquer l’autodétermination de la Kabylie !

MLe « modèle » marocain

Cette déclaration Ferhat Mehenni intervient en réaction à la dénonciation par Abderrazzak Laassel, le représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU, des « violations des droits du peuple kabyle et les campagnes de harcèlement contre ses leaders ». Le responsable marocain avait également exprimé son soutien au « droit du peuple kabyle à disposer de lui-même ».
Ce n’est pas la première fois que Ferhat Mehenni prend le Maroc pour « modèle ». En octobre dernier, lors de son déplacement à New-York pour assister à la levée du drapeau kabyle près du siège des Nations unies, il a encensé « le modèle marocain » expliquant que le Maroc est le seul pays dans la région à avoir reconnu officiellement Tamazight. Pour Lyazid Abid, le soutien du Maroc à la cause kabyle débouchera certainement sur la reconnaissance d’autres pays. Il considère cette « reconnaissance », qui vient à point nommé, comme une victoire pour tous les pays amazighs et pas seulement pour les Kabyles. Monsieur Abid semble complètement ignorer les pays amazighs colonisés par la monarchie alaouite !

Pour rappel, lors de la quatorzième session du Conseil des droits de l’Homme en 2010, le représentant du Maroc avait déjà évoqué les violations des droits humains en Kabylie par le régime algérien.

Résumons brièvement cette situation absurde : d’un côté, on a une monarchie arabo-islamiste, hostile à tout ce qui est amazigh et où des militants amazighs purgent encore de lourdes peines de prison, qui fait semblant de soutenir les droits d’un peuple amazigh qui subit la domination d’un autre Etat arabo-islamiste. De l’autre, des Kabyles en exil, qui pensent avoir été reconnus officiellement car une monarchie peu recommandable, célèbre par sa violation des droits humains, les « défend » devant l’ONU.

M1
Une « alliance » bâtarde.

Au lieu de se démarquer de la monarchie marocaine après le coup d’éclat de son représentant à l’ONU, certains Kabyles l’ont auréolée, et ont même fait d’elle un exemple à suivre. Un « modèle ». Ivres de leur « victoire », ils ont vite oublié que le vrai visage de la monarchie alaouite est hideux. Ils ont oublié que d’autres Amazighs sont toujours colonisés dans leur chair, qu’ils souffrent sous le joug d’une monarchie arabo-islamiste qui a écrasé et pillé leurs terres. Ces Kabyles feignent d’ignorer la lutte amère des habitants amazighs d’Imider contre un holding royal depuis bientôt quatre ans. Naïfs (?), ils ont oublié les détenus politiques amazighs incarcérés à Ouarzazat, à Imtghren et à Meknès. Ils oublient les terres des Imazighen spoliées, ou encore le Rif. Ces Kabyles, éblouis par ce « modèle marocain », ont effacé d’un revers de main les souffrances de tous ces Imazighen. Ce qui importait à leurs yeux, c’est qu’un diplomate rusé, représentant cette monarchie, parle de droit de la Kabylie à l’autodétermination pour damer le pion aux généraux d’Alger, les principaux bailleurs de fond et les parrains d’une république arabo-islamiste installée sur des terres amazighes (RASD). Cette « reconnaissance », qui n’en est pas une a, semble-t-il, fait oublier tous les crimes de la monarchie à l’égard des Imazighen. Ces Kabyles amis de la monarchie alaouite semblent même les légitimer. Cette nouvelle « alliance » entre des Kabyles et la monarchie marocaine est « bâtarde ». Il est tout simplement contre-nature.

Coup de com., rien de plus !

M2Ces Kabyles qui se sont précipités à faire les louanges de la monarchie marocaines ont en réalité victimes d’une opération de communication bien ficelée, menée par des professionnels qui ont utilisé des éléments de langage chers à certains milieux kabyles pour les titiller et les pousser dans les bras de la monarchie. Ce coup réussi orchestré par le Maroc intervient quelques semaines seulement avant les grandes festivités lancées par l’Etat marocain à l’occasion du quarantième anniversaire de « la marche verte ». D’ailleurs, le monarque marocain s’est attaqué le 7 novembre, dans un discours à cette occasion, à l’Etat algérien qui soutient le droit à l’autodétermination des Sahraouis.
Dans le conflit larvé entre les Etats marocain et algérien depuis quarante ans à propos du Sahara Occidental, tous les coups diplomatiques sont permis. La monarchie marocaine et ses services doivent se régaler de voir des Kabyles les applaudir et les donner comme « modèle ». Ils auront ainsi réussi à instrumentaliser  la région de Tamazgha qui demeure l’exemple pour tous les Amazighs.

Les différents voyages de Ferhat Mehenni au pays de Mohamed VI, certaines de ses fréquentations et les différents hommages rendus à Mohammed VI et la monarchie ne sont pas passés inaperçus, et nombreux sont les militants de Tamazgha occidentale qui ne l’ont pas du tout apprécié.

Azawad, cette piqûre de rappel.

M3Depuis plusieurs années, la monarchie marocaine qui tente de s’immiscer dans les affaires de plusieurs Etats africains voisins, dont le Mali, l’Algérie et la Libye, a utilisé l’amazighité pour arriver à ses buts. On se rappelle tous de cette « audience » accordée à Marrakech par le monarque marocain, le 31 janvier 2014, à Bilal Ag Cherif, secrétaire général du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et Moussa Ag Attaher, porte-parole de ce même mouvement.
On se rappelle tous de l’image de Bilal Ag Cherif en train d’accomplir la prière à droite de Mohamed 6, alors que Moussa Ag Attaher, qui avait tenu d’ailleurs à baiser la main du monarque alaouite, était coincé entre le ministre des affaires étrangères et le chef de la DGED (Direction générale des études et de la documentation), le service de renseignement et de contre-espionnage de l’Etat marocain.

Aujourd’hui, l’Azawad est dans une grave crise et se trouve dans une impasse, une situation provoquée notamment par l’interventionnisme marocain et algérien. En effet, un mouvement souverainiste, amazigh dont les forces armées ont pu libérer l’ensemble du territoire de l’Azawad se retrouvé réduit au silence, son projet remis en cause et ses bases effritées. Aujourd’hui, nombre des dirigeants du MNLA ont été corrompus et forcés à se taire.

La Kabylie, et à travers elle tous les Amazighs, doit tirer des leçons de l’expérience de l’Azawad. Le Salut de la Kabylie ne saura venir d’un régime anti-amazigh comme la monarchie marocaine. Le « modèle » marocain, chanté par certains Kabyles, sera fatal pour la Kabylie.

A. Azergui

Lorsque les « acquis » deviennent des obstacles !

Depuis plusieurs années, le mouvement amazigh à Tamazgha occidentale (Maroc) a changé radicalement de visage. Il est méconnaissable, fragilisé et à la merci totale de la monarchie marocaine qui le manipule à outrance. Le spectacle qu’il offre est affligeant. La majorité des cadres associatifs qui faisaient sa fierté ont été essoufflés. La plupart des présidents des associations les plus actives ont fait le malheureux choix de la compromission et de la servilité depuis qu’ils ont baissé l’échine et embrassé la main du monarque marocain à Ajdir (Moyen Atlas) un certain 17 octobre 2001. Certaines associations et leurs responsables ont été largement récompensés pour leur collaboration. Il faut dire que la servilité est facile surtout lorsqu’elle est lucrative.

Saccage !

Avant d’arriver à ce stade, le régime a tout saccagé avec la complicité de ces mêmes collaborateurs. Le CNC (Conseil national de coordination), un cadre ambitieux qui regroupait des associations amazighes, s’est éteint. Le Congrès mondial amazigh a été détruit, infiltré de toutes parts par les services, réduit en petits groupes rivaux sans aucune influence : même l’infréquentable Kadhafi, le pire des ennemis des Imazighen s’était permis de le fouler de ses pieds en soudoyant gracieusement certains de ses cadres. Les présidents des débris du CMA s’affrontent toujours pour s’octroyer la légitimité de revendiquer ce qui reste de son cadavre. Triste sort pour une organisation internationale qui avait pour mission de défendre les intérêts de « la Nation amazighe ».

Des « élites » de la mouvance amazighe ont été recrutées et gracieusement rémunérées après la publication du fameux « manifeste amazigh » et confinées dans un institut, à statut consultatif rattaché au Palais, qui a contribué à saper le mouvement amazigh. Le « choix » suicidaire de la graphie Tifinagh-Ircam, imposé par le Palais, et la gestion de la question de l’enseignement de Tamazight, entre autres, sont révélateurs du caractère nocif de cette structure. Géré comme une vulgaire administration makhzénienne, cet institut assiste aux manœuvres destructrices de la monarchie.

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Le règne de la médiocrité

Depuis la création de l’Ircam, un malheur noir s’est abattu sur le Mouvement amazigh. La mauvaise herbe a foisonné partout. Les faux-culs, les artistes-mouchoirs, les arrivistes de tous poils, les « poètes » et « les écrivains » sans scrupules écument les festivals et les salons, organisés souvent par l’Ircam sous « le haut patronage du roi ». Partout ils crient « vie au roi » et autres débilités qu’on croyait enterrées à jamais. Ces « artistes » et « écrivains » de service passent à la télévision et sont souvent récompensés par des « prix » plus « politiques » que littéraires.

Une chape de médiocrité s’est aussi abattue sur la littérature amazighe, jeune et très fragile. I’Ircam publie tout et n’importe quoi dans le cadre d’une politique que ses patrons appellent « asgudi » (la quantité). Une politique facile à comprendre puisque ce procédé vise à affaiblir la nouvelle littérature amazighe pour empêcher le peuple amazigh de se doter d’un véritable outil de libération linguistique et politique par la suite. Le très peu de livres de qualité sont submergés par des centaines de textes sans aucune valeur littéraire, ni esthétique. Les exemples sont légion.

Autre manifestation du dérapage du « Mouvement amazigh » est la commémoration, le en grande pompe, de l’anniversaire du discours d’Ajdir qui scelle le pacte de servitude totale des Imazighen à la monarchie. Le Mouvement amazigh a choisi de capituler et faire allégeance à la monarchie au lieu de fêter des faits marquants de notre histoire politique, comme les arrestations de Tilelli (Tizi n Imnayen 1994), les batailles historiques (Dhar Oubarran, Saghru, Badou, Tazegzawt etc.) contre l’armée française et son allié chérifien.

Le mouvement estudiantin, quant à lui, reste le plus actif. Mais, privé d’une structuration solide, il est incapable de se développer. Il est aussi inefficace que la plupart des associations indépendantes qui résistent toujours, avec le peu de moyens dont elles disposent, aux politiques makhzeniennes.

Que reste-t-il de ce Mouvement amazigh qui se revendiquait laïque et indépendant ? Rien de plus qu’un ramassis de débris !

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Des « acquis » ? Tu parles !

Il est temps que le Mouvement amazigh indépendant se ressaisisse, se démarque des autorités et de tous les Berbères de service qui ont vendu leurs âmes à la monarchie alaouite. Il est aussi temps de se démarquer de tous les prétendus « acquis » du Mouvement amazigh. L’enseignement de l’amazigh, la graphie Tifinagh, Tamazight TV, entre autres, ne sont pas des « acquis », mais plutôt des freins empêchant l’épanouissement de l’amazighité. Tout ce qui a été fait pour l’amazighité de la part du pouvoir ne sert que ses propres intérêts, pas ceux de l’amazighité et des Imazighen. Ces prétendus « acquis » ne font qu’adoucir la domination qu’exerce la monarchie sur « ses » Berbères, à l’aide d’autres Berbères qui ont choisi d’être serviles.

Le salut de l’amazighité ne viendra ni de l’Ircam, ni de la monarchie marocaine hostile à tout ce qui est amazigh, ni de certains Berbères de service qui sont entrés en « dissidence contrôlée » pour amadouer la militance amazighe. Le salut viendra des Imazighen eux-mêmes qui ont choisi d’être libres et d’œuvrer pour leur souveraineté. Imazighen sont chez eux, sur leur propre terre. Et le pouvoir politique doit leur revenir. Il faut se battre pour construire une conscience nationale et enclencher un mouvement de libération de notre terre, la libération de Tamazgha de l’arabo-islamisme.

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Tous les « acquis » ne sont que manipulation.

A. Azergui

PRÉNOMS AMAZIGHS : L’insoutenable absurdité marocaine !

Une Commission dite de « la justice et des droits de l’homme » qui refuse obstinément de mettre un terme à une discrimination. C’est le nouvel exploit que vient de réaliser le parlement de la monarchie marocaine le 29 janvier dernier en refusant d’autoriser les prénoms amazighs. Pour lui, c’est très normal.  alph

Une loi discriminatoire :

Revenant un peu en arrière. Le 28 janvier 2003, le groupe parlementaire de l’USFP (Union socialiste des forces populaires) a déposé à la Chambre des représentants, une proposition de loi relative au régime de l’état civil. Elle concerne l’amendement de deux articles de la loi jugés « discriminatoires ».  L’un de ces deux articles (21) prévoit ce qui suit :  « Le prénom choisi par la personne faisant la déclaration de naissance en vue de l’inscription sur les registres de l’état civil doit présenter un caractère marocain». Ce texte est toutefois flou et laisse aux officiers d’état civil le champ libre aux interprétations. Certains refusent d’enregistrer des prénoms amazighs, prétextant qu’ils ne sont pas marocains. Et c’est encore une fois discriminatoire et anticonstitutionnel.

Le parti du chef du gouvernement marocain, (PJD, islamiste) avait réagi à cette proposition, affirmant qu’il la rejette et qu’elle est « sans aucun fondement légal ». De son côté, le ministre de l’intérieur, Mohamed Hassad avait jugé dépassé l’amendement de la loi autorisant les prénoms amazighs. Il avait déclaré que les officiers de l’Etat civil enregistrent les prénoms amazighs sans aucune discrimination.

Des prénoms amazighs « contraires à l’islam »

Tout laissait présager un refus d’autorisation des prénoms amazighs par le parlement. C’est ce qui s’était passé le 29 janvier dernier. Le ministre marocain de l’intérieur a affirmé, juste après ce refus, dans des déclarations à des médias marocains, qu’il n’existe aucune loi qui interdit les prénoms amazighs et que ces derniers sont autorisés. Si le ministre de l’intérieur a choisi la langue du bois, le député islamiste Aziz Kermat est plus clair. Il reconnaît qu’il existe une interdiction. « L’interdiction de certains prénoms amazighs est justifié par leur contradiction avec l’islam », a-t-il déclaré, ajoutant que « certains prénoms amazighs faisant allusion à d’anciennes divinités ou à charge symbolique religieuse sont interdits.»

Le cas Ayyur :

Imider-Ce refus intervient alors que ce qui convient d’appeler « l’affaire Ayyur » a éclaté au grand jour. Cette affaire à elle seule résume l’absurdité marocaine.

Ayyur est né le 17 novembre 2004 à Boulmane dans le Moyen. L’officier de l’état civil l’inscrit sur les registres de l’Etat civil. Jusqu’ici tout va bien, mais un beau jour de 2014, l’enfant se retrouve dépossédé officiellement de son prénom. Il a été effacé tout simplement et de nouveaux actes de naissance sont délivrés à la famille, avec à la place du prénom, un matricule. L’enfant n’a plus d’existence.

Le cas d’Ayyur n’est autre que l’arbre qui cache la forêt. Au « plus beau pays au monde », plusieurs enfants sont toujours privés de porter des prénoms amazighs. C’est une réalité que le ministre marocain de l’intérieur connaît. Ces derniers peuvent être refusés pour n’importe quelle raison et par n’importe quel officier de l’Etat civil zélé ou amazighophobe, sans craindre de représailles ou de poursuites judiciaires. Des familles craignant des représailles des autorités évitent de donner des prénoms amazighs à leurs rejetons ou choisissent d’abandonner après un premier refus. D’autres sont obligées de batailler, de porter l’affaire devant des tribunaux pour avoir ce droit. Plus absurde encore, ce cas d’un amazigh originaire d’Alnif (province de Tinghir) qui a choisi de donner le prénom « Yidir » à son fils et avait cru que ce prénom avait été enregistré. Ce n’est qu’une fois l’enfant scolarisé que le père découvre que son fils s’appelle officiellement « Youssef.» L’officier de l’état civil avait tout simplement usé de son autorité face à un père ne parlant par l’arabe pour décider à sa place.

Les autorités marocaines ont annoncé à plusieurs reprises que les prénoms amazighs sont autorisés, mais en réalité, l’interdiction est la règle. L’amazighophobie a la peau très dure. Elle continuera tant que le peuple amazigh refuse de prendre son destin en main

A. Azergui

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MAROC : Un enfant amazigh dépossédé de son prénom !

MY COUNTRY, I’VE THE NAUSEA!

At least thirty-six victims, five hundred houses destroyed, dozens of roads and bridges – recently built – gutted. And above all, a dull and black rage against the authorities. This is a result of the flooding caused by torrential rains that from two weeks they fall in several regions of southern ‪#‎Morocco‬. mortsThese floods have revealed the true face of the Moroccan State: horrible, miserable. Firstly because of the weakness of the infrastructure in the South and Southeast, and then for the impotence of his civil defense, military, institutions that don’t care about anyone or anything. Nothing was done to save men and women dragged off to death under the eyes of their powerless relatives. The various state services have shone everywhere by their absence, or almost. Normal! This part of the country is useless. Has no right. Neither highways nor railways, hospitals or universities or schools. The axis Casablanca-Tangier-Kenitra won all major development projects, while other areas are living in extreme poverty. The South has undergone the anger of the authorities and the whims of an inhospitable nature, while its mineral wealth is daily looted by unscrupulous companies. ‪#‎Imider‬ (Tinghir) is a witness.

A victim of the flood devoured by dogs

A victim of the flood devoured by dogs

Just seeing the pictures of dead bodies transported on tree branches and piled up later in the municipal rubbish trucks to realize that life is not worth anything in these regions. The living and the dead have no rights. We have seen men who have thrown themselves in full of the flood to save people, because they knew that no firefighter would go to their rescue. Nobody cares about them. Dead or alive, they know this since decades.

Just seeing the pictures of how the civil protection and military mobilize considerable resources – including helicopters and bulldozers – to save European tourists victims of these floods to realize that the life of a Moroccan is not worth anything. Wednesday, November 26 two tourists, a Pole and a Spaniard, blocked by flood in Zagoura, have been rescued by helicopter, according to Moroccan media, while residents stuck with them have been abandoned on site.
The whole region is suffering in the indifference and is facing a major disaster. The authorities don’t move a finger.

While whole regions are on high alert because of the floods, the inhabitants – especially in the Atlas – are cut out of the world and is difficult to find enough food, the government closes its eyes and refuses to declare a state of natural calamity in the stricken areas to prevent these regions seek help and compensation. The Moroccan government is looking elsewhere. It sends two airplanes full of donations, including food and medicines, in Liberia. Another provocation. The PJD, the Islamist party in the government, helped to arrange, Saturday November 29, a demonstration in support of Palestinians in Bouyzakaren, one of the stricken towns.

Even more kafkian, whereas these days Marrakech has hosted an international forum for human rights. Surely to boast the « progress » made by Morocco in this field.

In a democracy, the heads would already be fallen. Here, will be offered medals. Thirty-six dead! Thirty-six victims of disastrous state policies. A respected state would have already declared the national mourning. But no. Why the hurry? The Moroccans are worth nothing and deserve nothing but humiliation and death!

My country, I’ve the nausea !

Traduction de l’article « Mon pays, j’ai la nausée » paru dans le Huffpost

Merci à Rita pour la traduction

A. Azergui

 

MAROC : Halte à la construction des mosquées !

Nous avons eu déjà à évoquer, sur ce site-même, les enfants morts de froid dans plusieurs villages reculés de l’Atlas, notamment à Anefgou et à Imilchil. Les autorités marocaines ont réagi à ces drames en intervenant dans ces régions, mais non pas pour les équiper en routes et en infrastructures sanitaires, routières et autres pour permettre aux habitants de mener une vie digne, mais… pour leur construire des mosquées. Oui ! Des mosquées !

Mosquée construite à Imilchil

La mosquée construite à Imilchil a coûté 9 millions de dirhams ! (Photo : Mounir Kejji)

Il paraît qu’au pays du « commandeur des croyants », le souci de l’au-delà prime sur celui du confort des habitants d’ici bas. Chaque fois que des enfants crèvent de froid et de misère dans les villages de l’Atlas, que des habitants manifestent pour revendiquer des droits, des routes, des infrastructures de base, les autorités leur construisent des mosquées. De « belles » et grandes mosquées pour corrompre leurs âmes meurtries par la dictature et le besoin, et leur permettre de fuir la misère provoquée ici bas par des décennies de pillage des richesses du pays par la monarchie. Le contraste est saisissant entre « l’anarchitecture » de ces mosquées avec leurs énormes minarets, modernes et intimidants et les modestes maisons des villages qui ne comptent aucune infrastructure digne de ce nom. mosquéeUne mosquée ? Quoi de plus efficace pour manipuler les habitants désœuvrés et les emmener à se réfugier dans l’opium d’Arabie ? La mosquée n’est pas uniquement un édifice « religieux », mais un instrument idéologique, une tribune très efficace pour distiller le poison de l’arabo-islamisme et de l’arabisation. Une mosquée est un avant-poste de l’intégrisme religieux, de l’obscurantisme et de la colonisation arabo-islamiste. C’est un danger mortel pour l’identité amazighe. La construction des mosquées semble être une réponse presque « naturelle », adoptée par les autorités, face à tous les problèmes auxquels sont confrontées les populations.

MOSKHassan II avait déjà racketté honteusement ses « sujets » pour s’offrir une énorme mosquée à Casablanca, alors que le peuple crève et subit le sous-développement. Il a réussi à endormir ses « fidèles sujets » en leur expliquant que leur misère est une fatalité, une volonté divine (et royale par extension). Plusieurs milliers de mosquées ont été construites ces deux dernières décennies dans les villages amazighs. Les naufragés de la vie n’ont que deux solutions : quitter la région pour aller grossir les bidonvilles du nord ou se réfugier dans une mosquée, « accepter son sort » et « rendre grâce à dieu » qu’un monarque a pensé leur « offrir de ses propres deniers » : un échappatoire réconfortant.
mosquée
Le peuple n’a pas besoin de mosquées. Il a besoin de routes, d’écoles, de médiathèques, de cinémas, d’universités, de conservatoires et d’entreprises. Il est temps de dire : Non aux mosquées.

A. Azergui