Brandissant le drapeau de la liberté …

« Timeẓriwt » est une nouvelle chanson de Ayyur, chanteur et poète #amazigh, qui traite du soulèvement des #Berbères du #Rif. Adaptation libre des paroles :

Il est des hommes dépouillés de tout honneur,

Incapables de se révolter

Serviles à souhait.

Même lorsqu’éclate le tonnerre de la liberté,

Ils se réfugient dans le silence,

Paralysés, ils ont peur de déplaire.

Invertébrés, leur emblème est le drapeau de Lyautey,

Le rouge est la couleur de leur propre sang versé,

Le vert, celle de leurs assassins.

Incapables de se soulever,

Méconnaissant leur histoire,

De la bassesse, ils ont fait une religion.

M6

Ouvrez les yeux !

Dans le Rif, Biya est emprisonnée, opprimée.

Le drapeau des hommes libres y flotte,

Brandissant ce drapeau de la liberté

Soutenons Zefzafi et les Rifains méprisés.

Les geôles ne nous font plus peur,

Telle une montagne, notre courage s’est redressé,

Toutes nos craintes ont désormais disparu !

Unissons-nous, poussons ensemble notre cri de colère,

Armons-nous pour en finir avec cette vie d’esclaves.

Imazighen, vous aviez pris les armes contre les Français,

Espérant libérer votre pays,

Mais, un régime arabe, héritier des colons,

A souillé votre rêve,

Plus de droits, plus de libertés.

Dra

Muselés, celui qui parle disparaît dans les geôles.

Nous réclamons seulement des hôpitaux,

Une vie digne, en paix,

Mais, ce régime œuvre pour nous faire disparaître.

Nos cris se perdent dans la nuit,

Ce pouvoir, sourd de naissance,

Nous force à survivre dans l’obscurité.

Izem a été trahi,

Iyda, morte d’oubli,

Et Nbark Oualarbi, qui l’avait tué ?

Nos femmes meurent en couche,

Nos enfants sont tués par l’oubli,

Et tout le Tafilalt-Dra dort sur ses deux oreilles.

Dites-moi comment ne pas se révolter

Contre ce régime dévoré par la corruption.

Assez de paroles, l’amazighité est action,

Son chemin est lumineux comme une étoile.

Je m’adresse aux pseudos militants

Qui gueulent en arabe,

Oubliant jusqu’à la langue de leurs propres mères,

Croyant que leur avenir sera radieux,

Ils font épanouir la langue des autres,

Méprisant et tuant la leur.

à ceux qui se croient militants,

Arabisant tout sur leur passage,

Vous avez vendu votre honneur,

Vous n’êtes plus mes frères !

dr

 Texte en Tamazight : Ayyur

Adaptation : A. Azergui

PRÉNOMS AMAZIGHS : L’insoutenable absurdité marocaine !

Une Commission dite de « la justice et des droits de l’homme » qui refuse obstinément de mettre un terme à une discrimination. C’est le nouvel exploit que vient de réaliser le parlement de la monarchie marocaine le 29 janvier dernier en refusant d’autoriser les prénoms amazighs. Pour lui, c’est très normal.  alph

Une loi discriminatoire :

Revenant un peu en arrière. Le 28 janvier 2003, le groupe parlementaire de l’USFP (Union socialiste des forces populaires) a déposé à la Chambre des représentants, une proposition de loi relative au régime de l’état civil. Elle concerne l’amendement de deux articles de la loi jugés « discriminatoires ».  L’un de ces deux articles (21) prévoit ce qui suit :  « Le prénom choisi par la personne faisant la déclaration de naissance en vue de l’inscription sur les registres de l’état civil doit présenter un caractère marocain». Ce texte est toutefois flou et laisse aux officiers d’état civil le champ libre aux interprétations. Certains refusent d’enregistrer des prénoms amazighs, prétextant qu’ils ne sont pas marocains. Et c’est encore une fois discriminatoire et anticonstitutionnel.

Le parti du chef du gouvernement marocain, (PJD, islamiste) avait réagi à cette proposition, affirmant qu’il la rejette et qu’elle est « sans aucun fondement légal ». De son côté, le ministre de l’intérieur, Mohamed Hassad avait jugé dépassé l’amendement de la loi autorisant les prénoms amazighs. Il avait déclaré que les officiers de l’Etat civil enregistrent les prénoms amazighs sans aucune discrimination.

Des prénoms amazighs « contraires à l’islam »

Tout laissait présager un refus d’autorisation des prénoms amazighs par le parlement. C’est ce qui s’était passé le 29 janvier dernier. Le ministre marocain de l’intérieur a affirmé, juste après ce refus, dans des déclarations à des médias marocains, qu’il n’existe aucune loi qui interdit les prénoms amazighs et que ces derniers sont autorisés. Si le ministre de l’intérieur a choisi la langue du bois, le député islamiste Aziz Kermat est plus clair. Il reconnaît qu’il existe une interdiction. « L’interdiction de certains prénoms amazighs est justifié par leur contradiction avec l’islam », a-t-il déclaré, ajoutant que « certains prénoms amazighs faisant allusion à d’anciennes divinités ou à charge symbolique religieuse sont interdits.»

Le cas Ayyur :

Imider-Ce refus intervient alors que ce qui convient d’appeler « l’affaire Ayyur » a éclaté au grand jour. Cette affaire à elle seule résume l’absurdité marocaine.

Ayyur est né le 17 novembre 2004 à Boulmane dans le Moyen. L’officier de l’état civil l’inscrit sur les registres de l’Etat civil. Jusqu’ici tout va bien, mais un beau jour de 2014, l’enfant se retrouve dépossédé officiellement de son prénom. Il a été effacé tout simplement et de nouveaux actes de naissance sont délivrés à la famille, avec à la place du prénom, un matricule. L’enfant n’a plus d’existence.

Le cas d’Ayyur n’est autre que l’arbre qui cache la forêt. Au « plus beau pays au monde », plusieurs enfants sont toujours privés de porter des prénoms amazighs. C’est une réalité que le ministre marocain de l’intérieur connaît. Ces derniers peuvent être refusés pour n’importe quelle raison et par n’importe quel officier de l’Etat civil zélé ou amazighophobe, sans craindre de représailles ou de poursuites judiciaires. Des familles craignant des représailles des autorités évitent de donner des prénoms amazighs à leurs rejetons ou choisissent d’abandonner après un premier refus. D’autres sont obligées de batailler, de porter l’affaire devant des tribunaux pour avoir ce droit. Plus absurde encore, ce cas d’un amazigh originaire d’Alnif (province de Tinghir) qui a choisi de donner le prénom « Yidir » à son fils et avait cru que ce prénom avait été enregistré. Ce n’est qu’une fois l’enfant scolarisé que le père découvre que son fils s’appelle officiellement « Youssef.» L’officier de l’état civil avait tout simplement usé de son autorité face à un père ne parlant par l’arabe pour décider à sa place.

Les autorités marocaines ont annoncé à plusieurs reprises que les prénoms amazighs sont autorisés, mais en réalité, l’interdiction est la règle. L’amazighophobie a la peau très dure. Elle continuera tant que le peuple amazigh refuse de prendre son destin en main

A. Azergui

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MAROC : Un enfant amazigh dépossédé de son prénom !

MAROC : Un enfant amazigh dépossédé de son prénom !

Cette nouvelle affaire révèle le racisme anti-amazigh et le mépris de l’Etat marocain dans toute sa splendeur. Imaginez cette situation :  un enfant est né le 17 novembre 2004 à Boulmane dans le Moyen Atlas. Ses parents l’appellent Ayyur. C’est leur droit le plus élémentaire. L’officier de l’état civil l’inscrit sur les registres de l’Etat civil. Jusqu’ici tout va bien, mais un beau jour, l’enfant est dépossédé officiellement de son prénom. Il a été effacé tout simplement et de nouveaux actes de naissance sont délivrés à la famille, avec à la place du prénom, un matricule. Un numéro. L’enfant n’a plus d’existence. D’identité. Il est prisonnier de l’absurdité des officiels.Ayyur1 Ayyur2

Cette affaire kafkaïenne se déroule dans un pays où la monarchie a fait de la langue amazighe une langue officielle depuis 2011, et où Mohammed VI en personne a « entouré l’amazighité de sa haute sollicitude ». Enfin, c’est ce que les médias officiels et l’Ircam nous répètent à longueur de discours, d’émissions télé et d’articles. Un attrape-gogo. La réalité est malheureusement amère. Dans ce pays, les Imazighen sont traités comme des sous hommes, leurs droits violés, malmenés et combattus. Le cas d’Ayyur n’est pas isolé.

Au « plus beau pays au monde », plusieurs enfants sont toujours privés de porter des prénoms amazighs. Ces derniers peuvent être refusés pour n’importe quelle raison et par n’importe quel officier de l’Etat civil zélé ou amazighophobe, sans craindre de représailles ou de poursuites judiciaires. Normal, le Maroc est loin d’être une démocratie.

Les autorités marocaines ont annoncé à plusieurs reprises que les prénoms amazighs sont autorisés, mais en réalité, l’interdiction est la règle. L’amazighophobie a la peau très dure. Le cas d’Ayyur vient le prouver une nouvelle fois.

L. Azergui