MOROCCO: Enough to the mosques construction !

We had already mentioned here the number of children who die of cold in many remote villages of the Atlas mountains, including Anefgou and Imilchil. The Moroccan authorities have responded to these tragedies taking action in these areas, but not taking care to provide them with roads and sanitation services or other infrastructure useful to allow people to live in dignity, but… building mosques for them. Yes! Mosques!MOSKWhenever children die of cold and hunger in Atlas villages, whenever people manifest to demand rights, roads and basic infrastructure, the authorities respond to them by building mosques. « Beautiful » and great mosques for the souls wounded by the dictatorship and the need, to allow them to escape the poverty caused by decades of plundering the country’s wealth by the monarchy. The contrast is striking between the  »Anarchitecture » of these mosques with their minarets, modern and huge, almost intimidating compared to the modest houses of the villages which have no infrastructure worthy of this name.A mosque? What’s more effective to manipulate unemployed people and lead them to take refuge in Arabic opium? The mosque is not just a « religious » building but also an ideological tool, a very effective place to distill the poison of Islamism and arabization. A mosque is an outpost of religious fundamentalism, obscurantism and Arab-Islamic colonization. It’s a mortal danger to the AmazighIdentity. Building mosques seem to be a “natural » answer adopted by the authorities in front of all the problems that plague the population.
mosquéeHassan II had shamefully taxed his « subjects » to offer a great mosque in Casablanca, while people were dying and suffering from the underdevelopment. He managed to numb his « loyal subjects », explaining that their misery is inevitable, a divine will (and by extension real-royal). Thousands of mosques have been built in the past two decades in the Amazigh villages. The castaways of life have only two options: to leave the region and go to swell the shanty towns of the North, or take refuge in a mosque, « accepting their fate » and « giving thanks to God »: a comforting escape.
People don’t need mosques. They need roads, schools, libraries, cinemas, universities, conservatories and businesses. It’s time to say no to the mosques.
Mosquée construite à Imilchil
Mosquée construite à Imilchil

A. Azergui

Translate By : Rita

MAROC : Halte à la construction des mosquées !

Nous avons eu déjà à évoquer, sur ce site-même, les enfants morts de froid dans plusieurs villages reculés de l’Atlas, notamment à Anefgou et à Imilchil. Les autorités marocaines ont réagi à ces drames en intervenant dans ces régions, mais non pas pour les équiper en routes et en infrastructures sanitaires, routières et autres pour permettre aux habitants de mener une vie digne, mais… pour leur construire des mosquées. Oui ! Des mosquées !

Mosquée construite à Imilchil
La mosquée construite à Imilchil a coûté 9 millions de dirhams ! (Photo : Mounir Kejji)

Il paraît qu’au pays du « commandeur des croyants », le souci de l’au-delà prime sur celui du confort des habitants d’ici bas. Chaque fois que des enfants crèvent de froid et de misère dans les villages de l’Atlas, que des habitants manifestent pour revendiquer des droits, des routes, des infrastructures de base, les autorités leur construisent des mosquées. De « belles » et grandes mosquées pour corrompre leurs âmes meurtries par la dictature et le besoin, et leur permettre de fuir la misère provoquée ici bas par des décennies de pillage des richesses du pays par la monarchie. Le contraste est saisissant entre « l’anarchitecture » de ces mosquées avec leurs énormes minarets, modernes et intimidants et les modestes maisons des villages qui ne comptent aucune infrastructure digne de ce nom. mosquéeUne mosquée ? Quoi de plus efficace pour manipuler les habitants désœuvrés et les emmener à se réfugier dans l’opium d’Arabie ? La mosquée n’est pas uniquement un édifice « religieux », mais un instrument idéologique, une tribune très efficace pour distiller le poison de l’arabo-islamisme et de l’arabisation. Une mosquée est un avant-poste de l’intégrisme religieux, de l’obscurantisme et de la colonisation arabo-islamiste. C’est un danger mortel pour l’identité amazighe. La construction des mosquées semble être une réponse presque « naturelle », adoptée par les autorités, face à tous les problèmes auxquels sont confrontées les populations.

MOSKHassan II avait déjà racketté honteusement ses « sujets » pour s’offrir une énorme mosquée à Casablanca, alors que le peuple crève et subit le sous-développement. Il a réussi à endormir ses « fidèles sujets » en leur expliquant que leur misère est une fatalité, une volonté divine (et royale par extension). Plusieurs milliers de mosquées ont été construites ces deux dernières décennies dans les villages amazighs. Les naufragés de la vie n’ont que deux solutions : quitter la région pour aller grossir les bidonvilles du nord ou se réfugier dans une mosquée, « accepter son sort » et « rendre grâce à dieu » qu’un monarque a pensé leur « offrir de ses propres deniers » : un échappatoire réconfortant.
mosquée
Le peuple n’a pas besoin de mosquées. Il a besoin de routes, d’écoles, de médiathèques, de cinémas, d’universités, de conservatoires et d’entreprises. Il est temps de dire : Non aux mosquées.

A. Azergui

« Agdud n Imilchil », histoire d’une dépossession

« Agdud« , « Moussem des fiancailles« , « Festival de la musique des cimes« , trois noms pour désigner un seul événement. Ils illustrent parfaitement ainsi l’histoire de la dépossession des Aït Hdiddou de leur Agdud (grand marché annuel) par les autorités marocaines.

Autrefois, cet événement, connu localement sous le nom d’ »Agdud« , était un grand marché où se rencontraient vers les débuts du mois de septembre, à la fin des moissons, toutes les tribus de la confédération des Aït Yafelman pour s’approvisionner en vivres avant les premières neiges qui bloquaient les pistes d’Asif Melloul (2 000 m d’altitude) où les Aït Hdiddou s’étaient implantés depuis le 17ème siècle. L’Agdud se déroulait sans grand tapage en raison de l’éloignement des Aït Hdiddou des grands axes routiers.

Ce n’est qu’en 1965 que le ministère marocain du tourisme découvre cet Agdud authentique. Il en dépossède la tribu, l’officialise et le rebaptise « Moussem des fiançailles« . L’Agdud devint alors célèbre. Dans ses brochures, le ministère explique que tout homme désireux de prendre femme peut se rendre à Imilchil et se marier sur la champ avec une femme de la tribu. A l’origine de cette tradition singulière, une légende dont le ministère a fait la promotion. A force d’être répété, ce mensonge a fini par être adopté. Aux touristes avides d’exotisme, on raconte qu’un jeune homme et une jeune femme qui voulaient se marier en furent empêchés par leurs familles par ce qu’ils appartenaient à deux tribus différentes, les Ayt Yazza et Ayt Brahim. Désespérés, ils décidèrent de de se donner la mort. Ils se jetèrent alors chacun dans un lac. C’est ainsi que les lacs Isli et Tislit ont gagné leurs renommée désormais mondiale. Traumatisés par cette perte, les Aït Hdiddou décidèrent alors d’accorder la liberté à leurs enfants quant aux choix de leurs conjoints.

Au fil des années, le festival acquiert une notoriété internationale. La région attire des milliers de touristes, mais le quotidien des Aït Hdiddou reste le même : misère et précarité. Ni écoles, ni routes, ni infrastructures. L’Agdud, le marché, a fini par perdre de son utilité initiale. Marginalisé, il n’est fréquenté que par peu d’habitants.

Au début des années 2000, le centre Tarek Ibn Ziyad, présidé par Hassan Aourid, récupère le « Moussem des fiancailles ». Il lui change de nom. Il devient « Festival des musiques des cimes ». Cette implication du centre Tarek Ibn Ziyad ne change rien à la situation de la région. Les Aït Hdidou ont été tout simplement dépossédés de leur Agdud sans qu’on leur demande leur avis. Les Aït Hdiddou subissent les décisions prises à Rabat ou à Meknès.

La situation de cet Agdud est révélatrice de la politique anti-amazighe initiée par la monarchie marocaine depuis des décennies. Celle-ci a récupéré à travers ses institutions plusieurs manifestations culturelles amazighes avant de les folkloriser et les vider de leur utilité, poussant même les Imazighen à s’en éloigner et à s’en démarquer.

A Lire sur ce même sujet  : « Libres femmes du Haut-Atlas ?, Michel Kasriel, L’Harmattan, Paris, 1989

A. Azergui