Le militant amazigh Omar KHALEK assassiné à Marrakech

Le militant amazigh Omar KHALEK, actif au sein du Mouvement Amazigh à l’Université de Marrakech, a succombé mercredi à des blessures graves conséquentes des attaques sauvages dont il a été victime le 23 janvier dernier de la part d’une horde de sahraouis pro-polisario.

Nous reviendrons sur cette affaire avec un article détaillé.

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DOSSIER : Disparition de Muhend Saïdi Amezian, un an déjà !

Il y’a un an (21 décembre 2013), disparaissait Muhend Saidi Amezyan, un artiste peintre, caricaturiste et calligraphe très engagé dans la défense de l’identité amazighe. Né à Midelt dans le Moyen Atlas, en 1964, cet artiste avait succombé à un cancer.

Feu Muhend lors d'un atelier à Imtghren (Errachidia)

Feu Muhend lors d’un atelier à Imtghren (Errachidia)

Muhend a été de tous les combats du Mouvement amazigh. Il avait animé des ateliers dans presque toutes les facultés du pays et dans diverses associations amazighes aussi. Il a dessiné, peint et caricaturé en toute liberté. Ses œuvres dérangeaient par leur franchise, leur force. Il aimait provoquer et choquer. Il n’a jamais baissé l’échine ni capitulé devant les pressions multiples qu’il avait subies de la part des autorités, notamment à Imtghren où il enseignait les arts plastiques.

Muhend était un artiste, un vrai. Il créait comme il respirait. Il a toujours mis son art au service de l’amazighité.

Dans ce dossier que nous lui consacrons, nous publions un article inédit de Muhend, fruit d’une coordination qui a duré plusieurs mois avant qu’elle ne soit interrompue par sa maladie. Nous le publions pour vous montrer une nouvelle facette de cet artiste aux multiples talents. Il y explique sa vision de l’art.

Nous publions aussi des témoignages de certains de ses amis en Tamazight et en Français.

POUR LIRE NOTRE DOSSIER :

A. Azergui

La question amazighe au Maroc ou le retour au point zéro

Le 23 Septembre 2014 restera dans la mémoire des Imazighen comme le clairon qui a sonné la fin d’une illusion, celle de la volonté de la caste au pouvoir à résoudre la question amazighe conformément aux revendications légitimes du Mouvement Amazigh, entendues par le Roi depuis le discours d’Ajdir en 2001.alphDans un lieu déjà hautement symbolique de la discrimination et du racisme arabo-islamiste de la caste dominante à l’égard de l’amazighité, en l’occurrence les locaux de l’agence MAP, le Ministre de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle, un technocrate qui n’a pas l’habitude des mensonges et de l’hypocrisie des politiciens, affirme officiellement lors d’une conférence de presse consacrée à la rentrée scolaire que :

C’est la douche froide pour celles et ceux qui croyaient encore la veille, que la question amazighe, dans au moins son volet scolaire, connaissait le chemin d’une solution consensuelle qui met le pays à l’abri de l’insécurité civile que connaît le « monde arabe ». Que signifie une telle affirmation venant d’un ministre qui a la charge d’appliquer la politique éducative du Gouvernement, dans un secteur clé qui conditionne toute volonté politique de changement des mentalités et des comportements des futurs citoyens à l’égard du constituant fondamental de l’identité du Maroc ?

La vérité est que la majorité des composantes du Mouvement Amazigh et des observateurs avaient déjà compris depuis des années que la caste au pouvoir n’avait aucune volonté politique d’aller de l’avant sur la voie tracée par le discours d’Ajdir en 2001. Ce constat avait déjà conduit sept membres du Conseil d’Administration de l’IRCAM(l’Institut Royal de la Culture Amazghe) à démissionner pour protester contre le blocage de toutes les décisions du Conseil qui visaient à traduire dans les faits, les décisions du Roi. En effet, la fronde contre ces décisions s’était exprimée publiquement et à plusieurs reprises au sein même des caciques du palais royal et de la classe politique : Mrini, Abbas Elfassi, Benkirane en tête. Cette fronde s’était encore exprimée sans voile lors du débat sur le projet de la constitution en 2011. Pour rappel, dans son discours de Mars, juste quelques mois avant le référendum constitutionnel, le Roi avait parlé de l’amazighité comme « socle de l’identité marocaine, et de deux langues officielles pour l’Etat : les langues amazighe et arabe ».buxus

Tollé et levée de boucliers contre une éventuelle égalité devant la loi suprême du pays entre « chalha » et la langue arabe: l’Istiqlal et le PJD, la quatrième colonne du baâthisme arabe et de l’islamisme qatari et saoudien montent au créneau et, en trois jours seulement, ils torpillent les travaux de la Commission Manouni, imposent une constitution baclée qui fait du Maroc un pays avec une identité bâtarde, sous prétexte de la diversité culturelle. Ainsi, l’identité amazighe du Maroc est noyée dans les apports idéologiques exogènes insignifiants, au détriment des données réelles, géographiques, historiques et anthropologiques du Nord de l’Afrique. Les ennemis de l’amazighité, à défaut d’interdire l’officialisation de la langue amazighe, soumettent alors cette dernière à des conditions qui annulent dans les faits tous les droits que confère l’officialisation constitutionnelle à toute langue de part le monde.

Autrement dit, la langue amazighe sans les lois organiques n’est pas officielle. C’est ce que vient de rappeler le Ministre de l’Education à tout le monde, et on devrait le remercier pour cette clarification au lieu de le blâmer. En effet, on ne peut pas enseigner comme il se doit une langue sans statut juridique. Et la langue amazighe n’a pas encore de statut juridique. Elle ne peut donc être enseignée qu’à titre expérimental et non à titre d’une langue obligatoire, avec son propre budget, ses programmes, le statut officiel de ses enseignants et inspecteurs…

Oui, on devrait remercier ce ministre pour sa franchise et sa sincérité, car tout changement commence par des mots, mais des mots qui sonnent la vérité. Et cette vérité, elle s’adresse d’abord au Mouvement Amazigh. Elle interpelle les dirigeants de ces centaines d’associations et ces milliers de militants qui pullulent sur les réseaux sociaux… mais qui continuent encore à croire que les mots suffisent à changer la réalité, à subir la malédiction séculaire des imazighen : les divisions pour diverses raisons mesquines, à continuer le combat en l’absence d’une stratégie et d’une organisation politique qui imposerait l’amazighité comme un projet de société démocratique et réellement citoyen, en opposition au projet apartheidiste arabo-islamiste qui prépare le terrain depuis des décennies déjà, à un Etat daîchien sur la terre des imazighen.

Mais imazighen méritent-ils encore de se nommer « les hommes libres » ? La balle est depuis longtemps dans le camp du Mouvement Amazigh. Il ne peut pas attendre que les ennemis de l’amazighité, omniprésents dans tous les rouages des institutions de l’Etat, fassent aboutir la revendication amazighe à sa place.

Par : Ali Khadaoui

Tizi n Imnayen s’apprête à fêter « Bu Ukeffus », un carnaval judéo-amazigh

Les habitants de Tizi N Imnayen au sud-Est du Maroc (Province d’Imtghren) s’apprêtent à célébrer ce lundi, 5 décembre, le carnaval « Bu Ukeffus », appelé également «Uday n teâcurt» (Le Juif de l’achoura). Comme chaque année, des milliers de personnes masquées occuperont – en l’espace d’une nuit- la grande place d’Ighrem n Igulmimen et les ruelles avoisinantes pour revendiquer et exercer un droit. Celui de s’exprimer en toute liberté.

Leurs « armes » : des masques, des banderoles résumant les revendications des habitants et du Mouvement amazigh (berbère), des portraits de héros et de chanteurs berbères engagés sans oublier bien sûr les drapeaux amazighs.

Les participants chantent des  chants juifs en langue amazighe, dansent et s’expriment librement sur l’actualité. Leurs propos sont parfois amers et violents. Le masque leur permet de garder l’anonymat. Certains participants enduisent leurs visages avec de la suie, d’où l’ancien nom de ce carnaval (Bu Ukeffus). D’autres inventent de nouvelles méthodes de protestation.

Les habitants s’invitent aussi à manger un repas spécial organisé à cette occasion et font la fête devant le village.

Cette tradition judéo-amazighe, qui connaît chaque année un extraordinaire retentissement qui dépasse la vallée de Tizi-n-Imnayen, résiste toujours à l’hostilité des imans haineux ainsi qu’aux plans et artifices des réseaux arabo-islamistes.

C’est pour cette raison que ce carnaval est considéré par le Mouvement Amazigh comme un acte de résistance face à l’idéologie arabo-Baâthiste, tristement célèbre, et l’intégrisme religieux.

PS : Les photos (DR) ont été prises par Marie Diebler (décembre 2005) .

Par : A. Azergui.